‹ Comédies et proverbesChapitre 231 sur 304 · ACTE 11, SCKNE V · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCKNE V

Au nhateaa, — Une ehamlire êtM» ima tour. -

£nire HOSEMBEBG.

Personne, Dieu mena , ne m'a vu. (Il ferme la porte. ) Si j'en croi» mon appétit, Theure do dîner ne doit pas être loin, et je sutBeiact nu rendez-vous. Ofortunel quelle bénédiction I non, je ne m'y altesdais pas. Celle fière comtesse, ce riche enjeu ! tout cela gagné en «i peu de temps i Qu'il avait raison , ce cher Uladislasl Je vais donc la voir, l'entendre me parler d'amouri elle! Barbt'rinel à beautél elle est à moi! ôjoie inefbblel elle est dans mes bras, sur mon cœuri Sainte Vierge, je ne saurais demeurer en repos; il faut que je guette à cette fenêtre.

' Il ouure la (tnêtn.

Personne encore] singulière chambre pour un rendez-vous smoureui : une fenêtre grillée et des murs tout nust c'est quelque ancien oe prison seigneuriale ; Barbcriue l'aura choisie comme le lîçu le plus reculé du château. Patience, la cloche

tliautoit.

En Térilé , c'est une grande misère que cette fragililé de* femmes ! Conquise en si peo de jours 1 Eat-ce que je l'aimeî Non , je ne l'aime pas. Fi donc I trahir ainsi un mari si plein de droiture et de eonflanoel «éder au premier regard amou- Muid'unioconanl Que pent-on faire de cela? une nMÎtresse ■gKable, un caprice pour passer le temps, i'ai autre chose k faire que de rester id; qui maintenant me rémtera? Déjà je me ïws arriTant k la cour , et traversant d'un pas nODObalant les longues galeries; les courtisaus s'écartent en silence, les femmes chuchotent; la riche cassette est sur la Ubie, et la reine a le sourire à la bouche. Quel coup de Tikt, Rosembergl ce que c'est pourtant que la fortune! Quand je pense i ce qui m'arrive , il me semble rêver. Non , il n'y a rion de tel que l'audace.

Il me semble que j'entends du bruit; quelqu'un monte l'escalier; on s'approche, on monte à petits pas. Ah I comme mon cnur palpitai (On enttnd am dfhort I* bruit dt plu-

iitur$ verroui, ) Qu'est-ce que cela veut dire? je suis enfermé ; on verrouille la porte en dehors; sans doul« c'est quelqaa précaution de Barberine; elle a peur que pendant le dîner quelque domestique n'entre ici; elle au» envoyé sa camériste fermer sur moi la porte jusqu'à ce qu'elle puieee s'édiapper.

Si elle allait ne pas venir ! t'il arrivait un olwlacle imprévu ] Bon , elle me le ferait dire. Hais qui marche ainsi dans le corridor? cette tour est sanadoutehabitéepar un gardien; je vois dans ce coin une quenouille et on rouet. Ou marche eucnre;

0 fortune, lu es la reine du mmide. O hasard! à Providence, qui m'avez pris pour favori! il me semble que je respire un autre air que le reste des hommes. C'est Barberine , je reconnais son pas. Silencel il ne faut paa ici nous donner l'air d'un écolier. Je veux composa mon visage; celui à qui de pareilles choses arrivent n'en doit pas paraître étonne. Un guichet «'ouvre dans la muraille.

:, en defioTï, parlant par te guichet.

Seigneur Rnsemberg , coinnie vous n'êtes venu ici que pour commettre un vol, le plus ndieui et le plus digne de châtiment, le vol de l'honneur d'une femme, et comme il est juste que la pénitence soit proportionnée au crime, vous êtes emprisonné comme un voleur. Il ne vous sera fait aucun mal, et les gens de votre suite continueront à êtra bien traites. Si vous voulez boire et manger, vous n'avea d'autre moyen que de faire comme les vieilles femmes qui gagnent leur vie en prison, c'est-inlire de filer. Vous Irouvepez une qoenoiiilte et un rouel tout préparés dans cetle chambre, et vous pouvei avoir l'assurance que l'ordinaire de vos repa» sera acrupulen- Mment augmenté ou diminué selon la quantité de fli que voue

Elit feriM la guiehtt.

Est-ce que je rêve? Holà! Barberine! bolàl Jeani helàl Albert! Qu'est-ce que cela signifie? la porte est ct>mme murée; on l'a fermée avec des barres de 1er. \* fenêtre est grillée, et le guichet D'est pas plus grand que mon bonnet. Holà! quelqu'un! ouvrez, ouvres I ouïrez, c'est moil Rosemberg,

je suis enfermé ici; ouvrei; qui «ent mV quelqu'un ? le prie qu^on m'ouvre , s'il voui dien, étes-vous là? Ouvrez-moi, monsicui veux faire signe par la croisée, Hél compa vrir ; il ne m'entend pas; ouvrir, ouvrir Celle chambre est au troisième étage. Hais

BABBEBIKE, Ouvrant le gitici Seigneur, ces cris ne serrent de rien, faire tard; si tous voulez souper, il est ten k filer.

Elu ter .

Eh boni c'est uoe plaisanterie. L'espî^ au jeu par ce joyeux tovr de malice. On v quart d'heure; je rois bien sot de m'inq doute, ce n'est qu'un jeu; mais il mesemt fort, et tout cela pourrait me prêter un pe ■ Huml m'en fermer dans unetourellel Tra remeut une personne de mon rang? Fou prouve qu'elle m'aime ; elle n'en agirait pa i avec moi, el la plus douce récompense ne qui est clair; on m'éprouve peut-être, on nance. Pour les déconcerter un peu , il faut chanter galment.

, ouvrant le guU:k\ Seigneur, puisque vous ne ftleï pas, vous doute desouper, et j'imagine que vous u'av< je TOUS souhaite une bonne nuit.

EtU f«

Est-ce que je serais pris nu piège? Voilà ■ Passer la nuit ici! sans souperl et jiistemc

pour venir k ce rendiez- vous. J'ai une faim horrible. 'Qu'est-ce que cela veut dire? Une bonne nuit? Combiea de temps va-t-on doue Rie laisser ici? Assurément, cela est sérieux. Uort et massacre! feu I sang) tonnerre I exécrable Barberine I misérable '. inISme ! bourreau [ malédiction I Ah 1 malheureus que je suis! me voilà en priflon; on va Taire murer la porte; on me laissera mourir de faim ; c'est une vengeance du comtu Ulric. Hétas! bêlas! prenez pitié de moi ! Le cemie Ulric veut ma mort, cela est certain; sa femme exécute ses ordres. Pttiél pitié ! Je suis mort , je suis perdu; je ne verrai plus Jamais mon pcre, ma pauvre taille Eéatricei Hélas! ah Dieu! bélasi c'est fait de moi. 0 rajel 6 feu et flammes! Ohl si J'en sors jamais, ils périront tous de ma main; je les accuserai devant la reine elle-même , comme bourreaux et empoisonneurs. Ah Dieu I ah ciel ! prenez pitié de moi !

BiABERiNE, outiranl U jfuicAal.

Seigneur, avant de me coucher, je viens savoir si voua avei

nié.

KOSEMIEBe.

Non , je n'ai pas fllé ; je ne llle point ; je ne suis point une flieuse. Ahl Barberinel vous me le payer»!

Seigneur , quand vous Burcz fllé , vous avertiret le soldat qui monte la garde à votre porte.

Ne vous en aUei pas, comtesse; au nom du ciel! écoatei-

BUIDOttHE.

Filei, filez.

HOSEHBEnG.

Non , par la mort ! non , par le sang ! Je briserai cette quenouille. Non , je mourrai plutôt.

BIHREKINE.

Adieu, seigneur.

BOSEHBERB.

Encore un motl ne partez pas.

BARBBBIME.

Que voulez- vous?

nOSEHBEHG.

Mais, — mais, — comtesse, — eu vérité, — Je suis, je — je ne sais pas filer. Comment voulez-vous que je Die?

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