ACTE SECOND
CLAVAhOCHE , devint un
En conscience , ces bdics dames, si o bon , ce serait une pauvre affaire, et le n lunes est, à tout prendre, un ruineux tn plus bel endroit qu'un valet qui gratte k è vous esquiver. 1^ femme qui se perd [ que d'une oreille, et au milieu du plus do pousse dans une armoire. Tantôt c'est lo. étendu sur un caoapë et fatigué de la ma sager envoyé à la hâte vient voua faire re< adore à une lieue de distance. Vite , un chambre] On court, on vole; il s'est plu rentré , la pluie tombe , il faut faire le benre durant. Avisei-vous d'être malad mauvaise humeur! Point; le soleil, te l'incertitude , le danger, cela est fait poui difQcnlIé est en possession , depuis qu'il y
privilège d'augm^iter le plaisir, el le vent de biae se fâcherait M j en TOUS coupant le visage , il ne croyait tous donner du tœoT. En vërilé, on repr^ole l'amour avec des ailes el ud carquois ; on ferait mieux de nous le peindre comme' un chas- Knr de canards sauvages, avec une veste imperméable el une perruque de laine frisée pour lui garantir l'ocdput. Quelles sottes bétes que les hommes , de se refuser leurs franches lippées pour courir après quoi , de grâce? après l'ombre de leur orgueil. Hais la garnison dure six moisj on ne peut pas toujours aller au café ; les comédiens de province ennuient; on se regarde dans un miroir, et on ne vent pas être beau pour rien. Jacqueline a la taille fine; «'est ainsi qu'on prend patience, el qu'on s'accommode de tout sans trop faire le difRcile. Entre Jaeqmline.
Eh bien I ma chère , qu'avez-vous fait? Avez- vous Baivi mes conseils, el sommes-nous horsde danger?
lACQOELINE.
Oui.
CLAVilROCHE,
Comment vous y $tes-vou3 prise? vous allez me conter cela. Est-ce un des clercs de mallre André qui s'est chargé de notre salut?
JACQUELINE
Oui.
CLtVAROCHE.
Vous êtes une femme incomparable, el on n'a pas plus d'espiit que vous. Vous avez fait venir, n'est-ce pas , le bon jeune homme à votre boudoir? Je le vois d'ici , les mains jointes, tournant son chapeau dans ses doigts. Hais quel coule lui avct-vous fait pour réussir en si peu de temps?
JACQUELINE
Le premier venu; je n'en sais rien.
CLtvinocHE.
Voyez un peu ce que c'est que de nous , et quels pauvres diables nous sommes quand il vous plail de nous endiabler! Et notre mari , coniment voit-il la chose? La foudre qui nous mena^il sont-elle déjà l'aiguille aimantée, commenoe-t-elle * Sfi détournera
HCQ VELINE.
CtAVlROCHE.
Parbleu I nous nous diverlirons, et j* fêle d'examiner c«tt« comédie , d'en obs* 'es gestes, et d'y jouer moi-même mon rd dave, je tous prie, depuis que je vous a amoureui de vous? Je parierais que je 1' je montais : un visage affairé et une eni déjà installé dans sa charge? s'acquiltepensables avec quelque facilité? porte-t-il met-il l'écran devant le feu ? a-t-il hasi d'amour craintif et de respectueuse tendn tente de lui?
JACQUELINE
Oui.
Et comme â-compte sur «es futurs servi pleins d'une flamme noire lui ont-ils déjà est permis de soupirer pour eux? a-t-il d' grâce? Voyons , franchement , où en èl croisé le regard? avez-vous engagé le fer? qu'on l'encourage pourle service qu'il nou
JACQUELINE
Oui,
CLiVAROCHE.
Qu'avez-v.
DUS donc?
Vous êtes rêve
luse.
demi.
JACQUELINE
J'ai fait et
< que vous
m'avez dit.
CLAVAROCHE
En avei-vous quelque regret?
JACQUELINE
Non.
CLAVAROCHE
Hais vous
ave» l'air
soucieux, et
quefq
quiète.
JACQUELINE
Non.
CLAVAttOCBE
loepa
Laissez donc, tout cela
n'est rien.
JACHUEUHE.
Si l'on uvait <« <]Di ï'e«t paaeé, pourquoi le inonde t doDoerait-il tort , et à vous, peut-élre ralwn?
BoD ] c'rat uD jeu , Jacqueline?
Eb bien donc 1 qui peut vaus fâcher? N'est-ce donc pas pour Huver notre amour que tous ave> fait leot cela?
JICQQELIHE.
JACeDELlHE.
Silencel l'heure du dioer approche, et voici maitra Âadré qui vieut.
CI,AVAROCHE.
Est-ce notre homme qui est avec lui ?
UCOVEUNC.
C'est lui. Mon mari l'a prié, et il reste ce soir ici.
Entrent ntaitre àttdTé et Fortunio.
Non! JB ne veui pas d'aujourd'hui entendre parler d'une affaire. Je vcu\ qu'on s'évertue à danser et qu'il ne soit question-que de rire. Je suis ravi , je nage dans ta joie , et je n'entends qu'A bien dîner.
Peste I vous êtes eu belle humeur, maître André, i ce que je vois.
MAITfte *NDBÉ.
Il faut que je vous di»e à tous ce qui m'est arrivé hier. J'ai soupçonné injustement ma femme; j'ai fait mettre le piège à loup devant la porte do mon jardin, j'y ai trouvé mou dut ce matin; c'est bien fait, je l'ai mérité. Hais je veui rendre justice à Jacqueline, et que vous appreniez de moi que notre paix est faite, et qu'elle m'a pardonné.
JACQUELINE
C'est boD , je D'ai pas de raucune, obligeE-moi de n'en plus
NoD, je veux que tout lemoodeleeache. le l'ai dit partout dans la ville, etj'ai rapporté dans ma poche un petit Napoléon en sucre ; je veux le mettre sur ma cheminée en signe de réconciliaLion, et toutes les fois que je le regarderai, j'en aimerai cent fois plus ma femme. Ce sera pour me garantir de toute défiance à l'avenir.
Voilà agir en digne mari ; je reconnais là maître André.
Capitaine , je vous salue. Voulez- vous dloeP avec nous? Nous avons aujourd'hui au logis une fbçon de petite (ëte^ et vous êtes le bienvenu.
CUVAROCHE.
C'est Irop d'faonnenr que vous me faites.
Je vous présente un nouvel hAte', c'est un de mes clercs , capitaine. Hé I hé I cédant arma togœ. Ce n'est pas pour vous faire injure-, le netit drôle a de l'esprit; il vient faire la cour à ma femme.
ClAVABOCHE.
Monsieur, peut-^n vons demander votre nom? Je suis ravi de faire votre connaissance.
Fortunto talue.
MAITRE AHKBB.
Fortunio. C'est un nom heureux. A vous dire vrai , voilà tanidt un an qu'il travaillait â mon étude , et je ne m'étais pas aperçu de tout le mérite qu'il a. Je crois même que , sans Jacqueline, je n'y aurais jamais songé. Son écriture n'est pas très-nette , cl ii me fait des accolades qui ne sont pas exemptes de reproche ; maïs ma femme a besoin de lui pour quelques petites affaires, et elle se loue fort de son lèle. C'est leur secreE;^ nous autres maris, nous ne mettons point le nez là. Un hâte aimable, dans une petite ville , n'est pas une chose de peu de prix; aussi Dieu veuille qu'il s'y plaise! nou
iz=rtNGoog[e
Je ferai tont pour m'en reodre digne.
MAITRE ANDRÉ, à ClaVOTOCht.
Mon (ravail , comme vous te savez , me retient chex moi la semaine. Je ne suis pas fiâché que Jacqueline s'amuse aans moi comme elle l'entend. Il lui fallait quelquefois un bras pour se promener par la ville ; le médecin veut qu'elle marche , et le grand air lui fait du bien. Ce garçon-U sait les nouyellcs , il lit fort bien à baule voii ; il est, d'ailleurs, de bonne famille , et ses parents l'ont bien élevé; c'est un cavalier pour ma femme , et je vous demande votre amitié pour lui. cLAVAROcae.
Mon amitié, digne mattre .\ndré, est tout entière à son service ; c'est une chose qui vous eet acquise , et dont vous pouvet disposer.
FOBTnNIO.
Monsieur le capitaine est bien honnête , et je ne sais comment le remercier.
CLAVABOCDE.
Touches làl l'honneur est pour moi, si vous me complex pour un ami.
Allons! voilà qui est à merveille. Vive la joie! La nappe nous attend; donnez la main à Jacqueline, et venei goûter de
CLiTAKOCBE , boi à Jacqueline.
Hatlre André ne me paraît pas envisager tout i fait les choses coname je m'y étais attendu.
UcgcEllNE , bat.
Sa confiance et sa jalousie dépendent d'un mot et du vent qui souffle.
CUVAROCHE , de même.
Mais cela n'est pas ce qu'il nous faut. Si cela prend cette ' tournure , nous n'avons que faire de votre clerc, MCQDELiNE, d« même.
J'ai fait ce que vous m'avei dit.
lU torUtU.
;lz-MNG00glc
A l'ètnda.
GUILLAUME tt LANDRY , (r.
GIIILL«DHE.
Il me semble que FortuDio n'est pa l'élude.
LjkNDUT.
Il ; a gala ce soir à la maÎMa , et mal
GDILLIDHE.
Oui ; de fa^n que l'ouTrage nous reste paralysée.
UNDBT.
Il n'est ponrlanl que troisième clerc:
inviter aussi.
Après tout, c'est uu bon garçon ; il n'j cela.
Non. Il n'j en aurait pas uon plus , si <
Hum! hum! quelle odeur de cuisine] i haut , c'est à ne pas s'entendre.
Je crois qu'on danse; j'ai tu des violoni
Au diable les paperasaes ! je n'en ferai jourd'hui.
UNDEÏ.
Sais-tu une chose? j'ai quelque idée qu' tère ici.
CDILLIDHE.
Bahl comment cela?