LE DOMESTIQUE
Non , madame , pas encore.
MATHILDE
C'est insupportable ; qu'on y retourne) dépéchez-vou«. {Lt dotattliqua tort.) J'aurais dû prendre les premiers glands ve nus; il est huit tieures; il est à sa toilette; je suis sûre 4|a'il va venir ici avant que tout nç soit prêt. Ce sera encore nn jour de relard. (£Us u levé.) Faire une bourse en cachette A son mari, cela passerait aux jeui de bien des gens pour un peu plus que romanesque. Après un an de mariage I Qu'esl-«e que madame de Léry, par exemple, ea dirait si elle le savait? Et lui-même, qu'eu peusera-t-it? Boni il rira pent-SIre du mystère, mais il ne rira pas du cadeau. Pourquoi ce mystère, en effet? Je ne sais; il me semble que je n'aurais pas travaillé de si bon cœur devant lui ; cela aurait eu l'air de lui dire : 0 Voyei comme je pense à vous; • cela ressemblerait Ii un reproche ; tandis qu'en lui montrant mon petit travail fini , IX sera lui qui se dira que j'ai pensé à lui. LE DOMESTIQUE, nnlrant.
On apporte cela il madame de chez te bijoutier.
Il donnt un pttit paquet à Matkiltlt.
i,CÙHl«^[c
EoGn I t'Elit M rautoil. ] Quaod H. de Chaviguy viendra , prévenei-moi. {Le drmtttiqu» itHrt.)îioa» allons donc, ma dière petite bourse , vous faire votre dernière toilette. Voyons ■i voos leret coquette aves ces glande-là? Pas mal. Comment serei-vousrefue, maintenant? Direz-vous tout le plaisir qn'on a eu à vous faire, tout le soin qu'on a pris de voire petite personne? On ne s'allend pas à vous, mademoiselle. On n'a voulu voue montrer que dans Ions vos atours. Aurei-vous un baiser pour votre peine? (£lle baiiê sa bourta, tt l'arrélt, ) Pauvre petite! tu ne lauipasgrand'cbose; on ue te vendrait pas deux louis. Comment se fait-il qu'il me semble triste de me séparer de toi? N'as-tu pas été commencée poor être finie le plus vite possible? Ah ! In as été commencée plus galment que je ne t'achève. Il n'y a pourtant que quinze jours de oetaj; qne quinte jours, est-ce possible? Non, pas davantage; et quede choses en quinie jours! Arrivons-noiis trop tard, petite?... Pourquoi de telles idées? On vient, je crob; c'est Ini; il m'aime encore.
EN DOHESTIQUE , «ntfont.
Voilà H. le comte, madame.
MATHILDE
Ah I mon Dieu I je n'ai mis qu'un gland et j'ai oublié l'autre. Sotie que je sois I Je ne pourrai pas encore lui donner aujourd'hni I Qu'il attende nn instant, une minute, au salon ; nie, avaat qu'il n'entre...
LE DOMBSTIOIIE.
Le voilà , madame.
n lort. MalKilde eaehe ta tourte.
SCËNE II.
MATHILDE, CUAVIGNV.
CBAVIONT.
Bonsoir, ma ^ère-, est-ce que je vous dérange? Il e'autnit.
NitTBILKE.
Moi , Henri 7 quelle question I
i,CÙHl«^[c
SCËNE l[. SOI
CHITIGHT.
Vous BTet l'air troublé, préoccupé. J'oublie toujours, quand j'entre choi tous, que je suis votre mari, et je poawe la porte trop vile.
llya là un pendeméctiancelé; mais comme il y a aussi ud peu d'amour, je ne toub en embrasserai pas moins. {ElU l'tmbraue.) Qu'esUce que vous croyez doue être, monsieur,' quand vous oubliei que vous êtes mon mari?
Ton amant, ma belle; est-ce qne je me trompe?
■itAlde.
Amant el ami , tu ne te trompes pas. {Â pitrt.] l'ai envie do lui donner la bourse comme elle est.
Non , je voulais... j'espérais que pcut-^tre...
Vous espériez?... Qu'est-ce que c'csl dont?
MITBILDE.
Tu vas au bal? tu ea superbe.