ACTE I, SCÈNE
LA HARqUISE.
Emmenez- moi !
LE HABItUIS.
Je le ferais si j'étais fou , et je le gnis presque , avec ma vieille mine de soldat. N'ea parlons plus ; — ce sers l'afTairo d'une wmaÏDe. Que ma chère Iticciarda voie ses jardiiis quand ils sont Iraaquilles et aolitairos; les pieds boucui de mes fermiers ne laisseront pas de trace daus ses allées chéries. C'est à moi de compter mes vieux troues d'arbres qui me rappellent ton père Albérjc , et tous les brins d'herbe de mes bois ; les métayers et leurs bœufs , tout^ela me regarde. A la première fleur que je verrai pousser , je mets tout â la porte, et je vous
LA HAltelflGE.
La première (leur de notre belle pelouse m'est toujours chère. L'hiver est si long! Il me semble toujours que ces pauvres petites ne reviendront jamais!
Quel cheval as-tu, mon père , pour t'en aller?
LE NARQDIS.
Viens avec moi dans la eour, tu le terras.
It tort.
La tnarquUt rtsit »#ul« mwc ie cardinal. — Vn $itence.
LE CARDINAL
N'est-ce pas aujourd'hui que tous m'avez demandé d'entendre votre confession , marquise?
LA «AHliDISE.
Dispensezrm'en , cardinal. Ce sera pour ce soir, si Votre Ëminence est libre, ou demain , comme elle voudra. — Ce moment-ei n'est pas k moi.
Elle te m«l à la fenéirt et fait un tigne d'adieu à ion mon'.
Si les regrets étaient permis à un fidèle serviteur de Dieu j'envierais le sort de mon frère. — Un si ceurt vojage , b, simple, si tranquille! — uue visite à une de iéi terres qui n'est qu'à quelques pas d'ici ! — une absence d'une semaioe, — et tant de tristesse , une si douce tristesse, veui-je dire, à son départ 1 Heureui celui qui sait se faire limer ainsi après
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sept aai)éF3 ée mariage ! — N'estn* pas sept lunées ,.
Lt HtRQUISE.
Oui , cardinal ; mon fils a aii aiH-
LE CAHDINAL.
Elira^eus hier è la noce des Nasiî
Ll MMtQIIISE.
Oui , j'y étais.
Et le duc en religieuBe?
LA lUHC>OIgE.
Pourquoi le duc en religieuse?
On m'avait dit qu'il avait prb ce costume ; m'ait trompé.
U HIRQDISE.
II l'avait en eiïet. Ah I Halaspina, oous h trist« temps pour toutes les choses saiutes !
On peut respecter les choses saintes , et , dans un jour de folie, prendre le costume de certains couvents , sans aucune intention hostile à la sainte Ëglise catholique.
LA MARQUISE
L'exemple est k craindre, et non l'intentiou. Je ne suis pas comme vous; cela m'a révolta. II est vrai que je ne sais pas bien ce qui se peut et ce qui ne se peut pas , selon vos H^Ies nijiBléricuses. Dieu sait où elles mènent. Ceux qui mettent les mots sur leur enclume , et qui l«s tordent avec un marteau el une time , ne réfléchissent pas toujours que ces mots représentent de» pensées, et ces pensées des actions.
LE CARDINAL
Bon , bon t le duc est jeuue , marquise , et gageons que cet habit coquet des nonnes lui allait k ravir.
LA MARQUISE
On ne peut mieui; il n'y mauquait que quelques gouttes du sang de «on cousin , Hippolyte de Uédicis.
LE CAIUIII««(.
Et le bonnet de la Liberté , n'est4l pas vrai , petite sœur ? Quelle haine pour ce pauvre duc I
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