ACTE II, SCENE m. BS
LE ciBDlNiL, M'aâityant, Me ToiU prêt
La marquitt l'agtnomlle auprit dt Uti tur *Mt prie-Ditu.
U MUQDESE.
Bénusez-moi , mon père , parce que j'ai péché.
Avez-voug dit ïolre Con/Utor? Nous pouTODs « marquise,
Ll MUIQDISE.
Je m'accuse de raoavemrails de cal«« , de doutes îrréligieui et injurieui pour notre Mint-pére le pape.
Continuel.
u HAHQDISE.
J'ai dit hier, dans une assemblée, à propos de l'évéque de Fau», que la sainte Eglise catholique était un lieu de «ébauche.
LE CARDINAL
CoDliauei.
Quï'tous a tenu ces discours?
Lt MARQDISE.
J'ai lu une lettre écrile dans la même pensée.
Qui vous a écrit telle lettre?
LA MAngDisE.
Je m'accuse de ce qu« j'ai fait, et non de ce qu'ont fait les
LS CARDINAL
Ml mie, vous deret me répondre, si tous voulez que je puisse TOUS donner l'absolution en toute sécurité. Avant (ont , dites-moi si vous avez répondu à cette lettre. Li nasquise.
Tj ai répondu de vive voii , mais non pas par écrit.
LE CA>DIKAL.
Qu'avez-Tous répondu?
i,CÙHl«^[c
M LOHENZâCCIO.
LA MARCDISE.
J'ai accordé à la pereoane qui m'avait écrit la permission di me voir comme elle le demaDdail.
Comment s'est passée cette entrevue?
le me suis accusée déjà d'atoir éoluté des discours contraires k mon honneur.
LE CABDINjU..
Comment y avei-vous répondu?
LA KABQDISE.
Comoie il cooTienl à une femme qui m respecte.
N'avo-Tous point laissé entrevoir qu'on finirait par persuader?
LA MIBQCIBE.
Non , mon père.
Avez-vous annoncé à la personne dont il s'agit la résolution de ne plus écouter de semblables discours à l'afeoir?
LA MARQDISB.
Oui , mon père.
Cette personne vous plait-elle?
LA MABQIIISB.
Mon cœur n'en sait rien , j'espère.
Ayei-vouB averti votre mari?
LA MABQUIBE.
Non , mon père. Une honnête femme ne doit point troubler son nténage par des récits de cette sorte.
Ne me cachez-vous rien? Ne s'est-il rien passé entre vous i la personne dont il s'agit, que vous hésitiei i me confier?
LA llia«IIISE.
Rien , mon père.
LE UROn<AL.
Pas un r^ard tendre? pas un baiser pris Ji la ddrobée?
LA MARQUISE
Non , mon père.
iz=rtNGoo«^[c
LE CAHDIniU..
Cela esl-il sûr, ma fille?
u. HABttnrsE.
Mon beau-rrère, il me semble que je n'ai pas l'habitude de mentir devant Dieu.
LE UIIDUUL.
Vous avez refusé de me dire le nom que je vous ai demandé tout t> l'heure; je ne puis cependant vons donner l'absolution
U MAIIQtlSE.
Pourquoi cela? Lire une lettre peut être un péché, mais non pas lire une signature. Qu'importe le nom à la chose?
LE UHDIttlL.
Il importe pins que vous ne pensez.
Lt HIBQDISE.
Halaspina, vous en voulez trop savoir. Rerusez-moi l'absolution , si VODS voulez , je prendrai pour confesseur le premier prêtre venu^ qui me la donnera.
Ett» $e Km.
Quelle violence, marquise! Est-ce que je ne sais pas que c'est du duc que vous voulez parler?
LA HABQUISE.
Du duc! — Eh bieul si tous le savex, pourquoi voulezvous me le foire dire?
Pourquoi refusez-vous de le dire? Cela m'étonne*
LÀ MARQUISG.
El qu'en voulez-vous faire, vous, mon confesseur^ Est-ce pour le répéter k mon mari que vous teuez si fort k l'entendre? Oui, cela est bien certain; c'est un tort que d'avoir pour confesseur un de ses parents. Le ciel m'est témoin qu'en m'agenouillant devant tous, j'oublie que je suis votre bellesœur. Hais vous prenez scinde me le rappeler- prenez garde, Cibo, prenez garde à votre salut éternel, tont cardinal que vous êtes.
LE CARDINAL
Revenez donc à celle place, marquise; il n'y a pas tant de mal que vous croyez.
U ILUIllDISE.
Que voulci-vouB dii«?
LE CÂBDINAL.
Qo'uQ confesseur doit tout savoir, parce qu'il peiil lout diriger, et qu'un beau-frère ne doit rien dire, à certaines conditions.
Lk mBQUISE.
Quelles conditions?
Non , non , je me trompe ; ce n'était pas ce mot-lè que je voulais employer. Je voulais dire que le duc est puisunt, qu'une ruplure avec lui peut nuire aux plus richea familles; mais qu'un secret d'imporlaoce entre des mains eipériinenlées peut devenir une source de biens abondante.
L* MAKeltlSE.
.Une source de biens [ — des mains expérimeiitëes I — Je reste là, en vérité, comme une statue. Que couves-tu, prêtre, sous ces paroles ambiguës ? Il y a certains assemblaf[es de mots qui passent par instant sur vos lèvres, à vous autres; on ne sait qu'en penser.
LE CARDINAL
Bevenei done vous asseoir là , Ricciarda. Je ne vous ai point encore donné l'absolution.
LA MARQUISE
Parlex toujours; il n'est pas prouvé que j'en veuille.
LE CARDINAL , ic tenant.
Prenei garde à vous , marquise 1 Quand on veut me braver
en face, il faut avoir une armure solide et sans défaut; je ne
veux point menacer; je n'ai pas un mot à vous dire : prenez
un autre confesseur.
n tort.
LA MARQUISE, («ulc.
Cela est inouï. S'en aller eu serrant les poings, les yeux enQammés de colèrel Parler de mains expérimentées, de direction à donner à certaines choses '. £b ! mais qu'y a-t-îl donc? Qu'il voulût péuétrer mon secret pour en informer mon mari, je le conçois; mais, si ce n'est pas là son but, que veut'il donc faire de moi? la ïnalLrease du duc? Tout savoir , dit-il, et tout diriger! cela n'est pas possible; il y a quelque autre mystère plus sombre et plus inexplicable là-dessous ;
iz=rtNGoo«^[c