‹ Comédies et proverbesChapitre 63 sur 304 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

An palais dei Soderinl.

MARIE SODEBINl, CATHERINE , LORENZO, onit.

CITHEBIME, tenant un livre.

Quelle histoire vous lirai-je , ma mère?

KAHJË.

HaCattinase moque de sa pauvre mère. Est-ce que je comprends rien 11 tes livres latins?

en est b-aduit. C'est

Je suis lrè»-fort sur l'histoire romaine. Il y avait u un jeune gentilhomme nommé Tarquin le flls.

KCÎHiy[c

Ah 1 c'est une histoire de sang.

tOHEKÏO.

Pas du tout; c'eet un conte des féee. Brutus était un fou , un monomane, et rien de ]^us. Tarquin était un duc plein de s^esse , qui aUait voir en pantoufles si les petites filles dormaient bien.

Dites-vous aussi du mal de Lucrèce?

LOBEHZO.

Elle s'est donoé le plaisir du péché et la gloire du trépas. Elle s'est laissé prendre toute vive comme une alouette au piège , et pais elle s'est- fourré bien gentiment son petit couteau dans le ventre.

Si vous méprisez les femmes, pourquoi alTeclez-YOUs de les rabaisser devant votre mère et votre sœur?

Je vous estime, vous et elle. Hors de là , le monde me fait Sais-tu le rêve que j'ai eu cette nuit, mon enfant?

LOEENZO.

Quel réveî

Ce n'était point un réye , car je ne dormais pas. J'étais seule dans cette grande salle; ma lampe était loin de moi, sur cette table auprès de la fenêtre. Je songeais aui jours où j'étais heureuse , aui jours de ton enfance , mon Lorenïina. Je regardais celte nuit obscure , et je me disais : Il ne rentrera qu'au jour, lui qui passait autrefois les nuils à travailler. Hes jeux se remplissaient de larmes, et je secouais la léle en les sentant couler. J'ai entendu tout d'un coup marcher lentement dans la galerie; je me suis retournée; un homme vêtu de noir venait à moi , un livre sous le bras ; c'était toi, Renzo : ir Comme tu reviens de bouiie heure I u me suis-je écriée. Mais le spectre s'est assis auprès de la lampe sans me répondre; il a ouvert son livre, et j'ai reconnu mon Loren»no d'autrefois.

Vous l'avei vu?

D,niz=rtNGoO«^[c

Comme je te vois.

Quand a'esl-il en allé?

Hon spectre, à moi! Et il s'en esl allé quanti je soi»

11 a'est levé d'un air mélancolique , el s'eat effacé comme une vapear iu malin.

Catherine , Catherine , liamm l'hûloire de Brutnf .

Qo'avei-Toiu? tous tremblei de la tète. aux pieds.

LORENIO,

Hb mère, agsejei-vous ce soir k la place où vous étiez celle nuit, et si mou spectre revient, dites-lui qu'il verra bienlAt quelque chose qui l'étonnera.

On prappt.

CATHEIIINE.

C'est mon oncle Biudo et Baplista Venturi. EntrtfU Bindo «I Vsnturt.

is laissons ;. puissiez-vous réussir !

Elit lort avte Catherin».

Lorenio, pourquoi ne démens-tu pas l'histoire scandaleuse qui court sur ton compte?

Quelle histoire?

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