‹ Comédies et proverbesChapitre 69 sur 304 · ACTE II, SCÈNE V. lor · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. lor

Stroni , qui a peur pour son enfaut. Sois avare de sa famille , car il viendra un jour où lu la compteras , où tu te mettras avec lui & la fenêtre, et où le cœur te battra aussi lorsque tu entendras le bruit de nos épées.

Mon père ! mon père \ vous me faites peur.

LE pniEDB , bat à LottUe.

N'est-ce pas Tbomaa qui rAde sous ces lanternes? II m'a semblé le recounaltre à sa petite taille ; le voilà parti.

PHIUPPE.

Pauvre ville ! où les pères attendent ainsi le retour de leurs enfants! Pauvre patrie! pauvre patrie! Il yen a bien d'autres à celte heure qui ont pris leur manteau et leur épée pour s'enfoncer dans cette nuit obscure ; et ceui qui les attendent ne soat point inquiets; ils savent qu'ils mourront demain de misère, s'ils ne meurent de froid cette nuit. Et nous, dans ces palais somptueux , nous attendons qu'on nous insulte pour tirer nos épéesl I« propos d'un ivrogne nous transporte de colère , et disperse dans ces sombres rues nos Sis et nos amis ! Hais les malbenrs publics ne secouent pas la poussière de nos armes. Ou croit Philippe Slrozzi un honné(e homme, parce qu'il fait le bien sans empêcher le mal; et maintenant , moi père , que ne donnerais-je pas pour qu'il y eût au monde un être capable de me rendre mon llls et de punir juridiquement l'insulte faite è ma Qllel Mais pourquoi emj^berail-on le mal qui m'arrive , quand je n'ai pas empêchécelui qui arrive aux autres , moi qui en avais le pouvoir? Je me suis courbé sur * des livres , et j'ai rêvé pour ma patrie ce que j'admirais dans l'anUquitè. Les murs criaient vengeance autour de moi , et je me bouchais les oreilles pour m'eiifoncer dans mes méditations; il a fallu que la tyrannie vint me frapper au visage pour me Elire dire : Agissons ! et ma vengeance k des cHeveui gris. EtUrml PitTTt, Thomat et Franpoi* Ptasi.

C'est fait; Salviati est mort.

Il smbraite ta lœuT.

Quelle horreur! tu es couvert de sang.

PtEBBE.

Nujpl'avoos attendu au coin de la rue des Arcbers; tVau-

yta a arrête son cheial; Thoinas l'a flippé à la jambe, «t

Tais-toi! tais-toi I tu me fais frémir; tes yeux sortenlde leurs obites; tes mains sont hideuses ; toutloD corps tremble, et lu es pâle comme la mort.

Tu es beau , Pierre ; tu es grand comme la vengeance.

PIERRE

Qui dit cela? Te voilà ici , toi , Loreazaccio I Il l'approche de ton pire.

Quand donc femterez-vous votre porte à ce misérable? ne savez-vous donc pas ce que c'est, sans compter l'bistoire de son duel avec Maurice?

C'est bon; je sais tout cela. Si Lorenio est ici, c'est que j'ai de bonnes raisons pour l'y recevoir. Nous en parlerons en temps et lien.

PIERRE, enire tt» dtHll,

Hural de« raisons pour recevoir cette canaille I Je pourrais bien en trouver , un de ces matins , une très-bonne aussi pour le faire sauter par les fenêtres. Dites ce que vous voudrez, j'étouffe dans cette chambre de voir nue pareille lèpre se traîner sur nos fauteuils.

Allons,paiit tu esun écefvelél Dieu veuille que ton coup de ce soir n'ait ptis de mauvaigea suites pour nousl 11 faut commencer par te cacher.

PiEaiiE.

He cacher I Et au nom de tous les saints, pourquoi me cachera is-je?

LOBENZO , à Thomai.

En sorte que vous l'avez frappé k l'épaule?.. . Dites-nioi donc un peu...

i] r«n(raine dam Vembrature d'une fenêtre; tout deux l'entretiennent à voix boue.

Non , mon père , je ne me cacherai pas. L'insulta a été publique, il nous l'a faite au milieu d'une plaee. Moi , je l'ai

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aseonimé au milieu d'une rue, et il me convient dems de te raconter à toute la ville. Depuk quand se cache-l avoir vengé «on honneur? Je me promènerais rolonti nue , et aang en esmjer une goutte de «ang. paiLippE.

Viens par ici , il faut que je te parle. Ta n'es pà mon enfant? lu n'as rien reçu dans tout cela?

Il* tort»

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