‹ Comédies historiquesChapitre 100 sur 260 · ACTE IV, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XII

scufcsrs DOUZIÈME.

ALMADA, AUVARE, MELLO, MENDOCE, PINTO,.

SANTONELLO.

Non, mes amis , le soleil ne se lèvera pas sans éclairer vos succès. Nous touchons au moment d'exécuter, toujours moins redoutable que ceux qui le précèdent. Le soupçon pouvait suivre nos traces. Un ami faible ou perfide pouvait nous livrer ; un coup imprévu , un changement d'ordre , de lieu , de temps , déconcerter nos trames et les mettre au jour. Cependant mille fautes , mille accidens ont été réparés , mille obstacles franchis ; nos fronts ont su cacher leur trouble , et nos âmes leurs agitations. Entre tant d'hommes de rang , de fortune , de passions et d'intérêts divers , pas une indiscrétion , pas un traître. Des femmes ont enseveli nos secrets dans leur sein. Nous sommes unis , courageux, forts , et le salut de la vie est le gage qui attache les moins zélés à notre victoire. Quoi! protégés manifestement par une Providence, secourus dans nos efforts , laisserons-nous échapper le triomphe?... On est prêt , les ordres sont donnés. Nos défenseurs , séparés en quatre bandes , investiront quatre différens passages , et fermeront toute communication entre les Espagnols appelés à se secourir. Michel Alméida enfoncera la garde allemande à l'entrée de la place ; Estevant , à la tête des siens , chargera la compagnie espagnole , montant la

140 PINTO

garde au fort du château. Teillo de Ménézès, le grand chambellan, Antoine de Salsaigne, nous, et le capitaine à notre tête , nous nous emparerons du palais de la vicereine et de sa personne , et de l'infâme Vasconcellos , noir machinateur, altéré d'ôr, sourd à la pitié , froid aux nfëuds du sang , qu'une laborieuse habileté guide dans le crime , qui aiguise ses armes cachées dans la retraite , et nous vend à sa cour comme des troupeaux ; vivant du prix de nos tètes et se revêtant de nos dépouilles. Soyons pour lui ce qu'il fut pour nous , inflexibles. À sept heures et demie sonnant, un coup de pistolet par cette fenêtre sera le signal. Soudain joignons-nous , tombons , fondons sur nos ennemis % que nous fout-il pour les abattre ? Du cœur, du fer, du plomb» Exterminons-les ! surtout ne vous laissez étonner ni du tumulte de la ville, ni des cris de femmes , d'en&ns, ni du trouble de» bourgeois fuyant f hurkffit, fermant leurs boutiques , leurs maisons y ne vous effrayez pas même d'une opiniâtre résistance, et quand vous verrez, là se ruer la cavalerie , là de triples rangs de soldats, iei le canon au débouché des rues ; marchez ferme , jetezvous, précipitea-vous à travers cette phtie de baltes, de mitraille et de feu , vam orage qui ne gronde pas longtemps sur les braves qui le défient.

ALMADA.

Compte sur nous , Pinto.

totrs.

Oui, oui, Pinto.

Page 1