ACTE I, SCENE II
Si Ton nous épiait... Cette rue est très-sombre.... Un argus politique a de bons yeux dans l'ombre. On ne peut faire un pas qui serve ou nuise aux grands, Sans hasarder pour eux vingt périls différens.
jacque battant son briquet.
Feu: dès le premier coup !... Allumons ma chandelle.
vautier faisant un saut en arrière.
On a tiré sur nous !
VÉRONNE.
Oui, j'ai vu l'étincelle.
jacque chantant.
La, la, lera, la, la, etc.
VÉRONNE.
Rassiirons-nous : ce n'est qu'un homme ivre, je croi.
Il chante : le coquin est plus heureux que moi.
vëronne à Jacque.
L'ami i que fais-tu là ?
jacque.
Moi!
vautier impatiemment.
Réponds et sans feinte.
JACQUE
Feindre ! à quoi bon?... J'allume une chandelle éteinte.
Pourquoi?
JACQUE
Pour voir plus clair.
VÉRONNE.
Si c'est quelque espion,
(80 RICHELIEU
11 est naïf. ( à Jacque. ) Va-t-en remplir ta fonction.
jaçqub.
Je la fois i et j'ai droit qu'on me laisaç tranquille Sur le payé du. roi : car c'est mon seul asile.
VAUTIEH.
Quel peut être ce dréle?
JACQUE
Hélas l je ne suis rien.
J'amasse des chiffons ; ce qu'on jette est mon bien.
vavtiek.
Laisse-nous donc en paix. Va-t-en boire, et t'enivre.
JACQUE
Boire ! m'enivrer ! bon ! je n'ai jfys de quoi vivre. A tous les pauvres gegs voilà bien vos discours, Vous qui faites , Messieurs , trois repas tous les jours ; Et qui, si trop de yin yqus, rend lçs goûts plus fades , En nous nommant buveurs, , vous, traitez de malades. Bonsoir !
Il sort , sa lanterne allumée à la main.