‹ Comédies historiquesChapitre 126 sur 260 · SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

SCENE QUATRIEME

VAUTIER et MADAME DUFARGIS.

vautier à part.

Est-ce elle que je vois dans l'ombre s'approcher?

madame dufargis à part, hésitant.

Est-ce mon docteur? (à F'autier. )Oui 9 ]e vous reconnais, masque. De quelque audacieux je craignais une frasque , Ou plutôt les agens de l'ennemi commun...

Sans cesse autour de nous il en rade quelqu'un.

MADAME DUFARGIS.

Sentez, docteur Vautier, comme mon cœur palpite...

La frayeur jusqu'ici m'a fait courir si vite !

Pour la reine , ce soir, j'ose en mon dévoùment

Plus que femme jamais n'osa pour un amant ;

Et quand je brave tout pour de nobles princesses ,

L'injurieux public met mon honneur en pièces.

Cette malice est triste ; et j'avoûrai , ma foi ,

Qu'il me paraît plus doux de tout risquer pour soi.

Parlons du cardinal. Monsieur résout sa perte ,

Et durant une fête en sa maison offerte,

De sa suite nombreuse il le doit entourer,

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Le prendre vif ou mort ; tout semble y conspirer. Je sors du Val-de-Grâce où la reine charmée Par des avis certains Vient d'en être informée. Elle hésite pourtant; son cœur» plein de vertu , De pitié pour ce traître est déjà combattu.

Les chroniques ont dit qu'en dépit d'un saint zèle , L'hypocrite souvent jeta les yeux sur elle ; Et les reines n'ont pas le cœur fermé. . .

Docteur, Taisez-vous ! Sa vertu repousse un bruit menteur.

Pardon ! un médecin juge une souveraine

Comme toute autre femme, aimable, tendre, humaine,

Et sans illusion il voit les Majestés.

MADAME DUFARGIS. .

La reine, innocemment, n'a d'autres voluptés Que d'entendre parfois ses serviteurs fidèles Répéter que sa taille et que ses mains sont belles. Elle est chaste , elle hait ce cardinal maudit , Et le plaint par bonté ; c'est tout.

VAUflER.

Sans contredit.

Le ministre à ce compte est sans ressource?

MADAME DUFARGIS.

A terre.

Dieu le veuille !

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