‹ Comédies historiquesChapitre 138 sur 260 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

Plus qu'un grand coup d'Etat et qu'un illustre exil.

Bannissez Richelieu , précipitez sa chute ;

Et loin d'intimider Monsieur dans cette lutte,

S'il balance , engagez la fière Médicis

A pousser vers le but son courroux indécis.

D'elle seule dépend le succès de la chose.

Si Monsieur succombait , il faut qu'elle s'oppose

Aux coups d'un scélérat ardent à se venger :

Si le ministre est pris au piège , autre danger ;

En ce cas Médicis , nous prêtant sa puissance

Du roi son fils qui l'aime obtiendra sa sentence :

Son crédit est le seul assez grave , assez fort ,

Pour vaincre le ministre et servir notre effort.

Qu'elle l'attaque enfin , la victoire est certaine.

ANNE

Si nous la lui devons > je ne serai plus reine : Médicis , de mon lit détruisant le pouvoir , Reprendra l'ascendant qu'elle affectait d'avoir.

Allons au plus pressé 1 D'un ministre rebelle Défaites-vous d'abord : nous vous déferons d'elle. Mais voici Marillac , le vieux duc d'Epernon , Bassompierre et Yautier.

ANNE

Peut-être de Gaston Viennent-ils ra'apporter les réponses nouvelles.

208 RICHELIEU

SCiV! DEUXIEME.

les précédentes, LE DUC Û'ÉPERNON , BASSOM- PIERRE, MARILLAC et VAUTIER.

DEPERNON.

Madame , recevez les hommages fidèles

Que d'Epernon vient rendre à Votre Majesté.

Les roses de son teint m'annoncent sa santé.

MARILLAC

Cet éclat de ses yeux. . . .

BASSOMPIERRE

I Cette fraîcheur vermeille

Semble encor....

Ce matin , je me porte à merveille ; N'est-il pas vrai , docteur?

Oh 1 le premier regard Le dit à tout le monde aussi bien que mon art. Vous devez ces beautés à l'esprit sain et libre Qui maintient des humeurs le calme et l'équilibre. La reine Médicis n'a pas ce phlegme doux :

Tout à l'heure au lever je lui tâtais le pouls , Et l'ai senti bondir d'une fièvre soudaine Au nom de Richelieu qu'a prononcé sa haine.

BASSOHPIERRE.

Elle sait que Monsieur, enfin déterminé ,

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