ACTE II, SCÈNE III
De Votre Majesté fidèles serviteurs ,
Sa bonté confiante encourage nos cœurs.
Mon art est étranger à toute politique ,
Mais votre teint changé , votre air mélancolique ,
M'avaient fait observer déjà que Richelieu j
Vous troublait les humeurs.
LOUIS
Oh ! j'en conviens un peu.
Mais qui remplacerait un aussi bon minisire?
BASSOMPIERRE
Sa retraite pourtant n'aurait rien de sinistre. Les valeureux soldats, que sous vous j'ai guidés , N'iront pas moins au feu si vous les commandez.
d'epernon.
Ce n'est pas Richelieu qui tient mes citadelles. Son joug ne soumet pas tant de seigneurs fidèles , Qui sous mes étendards sont prêts à se ranger, Si de vos ennemis il reste à vous venger.
Qu'un mal vous l'enlevât le coup serait peu rude.
MADAME DUFARG1S.
Le peuple obéirait, selon son habitude.
BASSOMPIERRE
Les corps feraient lever de même les impôts.
MAR1LLAC.
Nos veilles vous tiendraient dans le même repos.
BASSOMPIERRE
Nos traités marchandés sur le même système. . .
2t6 RICHELIEU.
d'epernon.
Par Votre Majesté seraient signés de même.
ANNE
L'orgueilleux cesserait de répandre en ma cour Les bruits qu'à votre oreille on porte chaque jour.
MADAME DUFARGIS bas OU TOI.
La belle Haute-Fort pourrait passer pour telle f Sans qu'il dit en riant qu'elle parait très-belle À Votre Majesté»
La reine Médicis Pourrait sans surveillant voir son auguste fils.
ANNE
Je m'étonnerais peu que Gaston , votre frère f Fit sur cet imposteur éclater sa colère.
Ses ennemis tendront des pièges sur ses pas.
MADAME DUFARGIS.
Un jour, absent peut-être , il ne reviendra pas. ..
LOUIS
On ouvre...
anne effrayée, bas et à part.
Ah! s'il est mort...
LOUIS
Voilà qui me rassure Contre les pronostics. . . C'est lui !
bassompierre consterné , à part.
Quelle aventure !