ACTE V, SCÈNE V
Le ministre a revu mon époux ; et ce trahre A de nouveau gagné l'oreille de son maître.
Le roi le garde.
MARIE
Ociel!
BA8SOMPIERRE.
Comment?...
Quoi? son crédit L'emporte ! *
MARILLAC
Quel coup I
MADAME DUFARGIS.
Dieu!
d'épernon.
Je vous l'avais prédit.
marie.
Ma fille. . . n'est-ce point une alarme trompeuse ?. . . Vous me glacez le sang.
ANNE
Elle n'est point douteuse Cette triste nouvelle, hélas 1 et nos revers Par un message sûr m'ont été découverts.
Dois-je voir votre époux , fuir, parler ou me taire?
MARILLAC
Patienter vaut mieux. Madame , en cette affaire. Des momens s'offriront propres à triompher, Si Vos deux Majestés prennent soin d'étouffer De leurs ressentimens les chaleurs trop subites.
296 RICHELIEU
Paraissez faire gréée aux différa» mérites
Qui de votre ennemi soutinrent lw ttieete ;
Et d'abord évitons matière à tout procès.
Je ne me serais point chargé du ministère
Pour l'en dépouiller, non; et même à ne rien taire ,
Acceptant par votre ordre un si pesant emploi ,
J'aurais vu par vos yeux , agi par votre loi ;
Car, je ne me sens pas , heureux, qu'il pût entendre
La justice qu'ici je me plais à lui rendre !
Je ne me sens pas , disÈje , égal à Richelieu ,
Ni si pourvu de ruse et des clartés de Dieu.
Malgré les torts qu'il a j'ai toujours dit qu'en somme
C'était un politique habile, un très-grand homme ,
Enfin , un homme...
ANNE
' Ingrat à votre loyauté ; Car si vous ne fuyez vous. serez arrêté.
Château-Neuf vous remplace , et l'oit vous emprisonne ; Je vous en avertis.
MAR1LLAC korS (U lui.
L'exécrable personne l L'infâme cardinal 1 le tyran 1 le damné !
Quoi ! mon zèle pour vous est ainsi condamné i Sans vous , que serait-il? qu'un évêque assez mince. Je faisais son travail , lorsqu'il faisait le prince. • • Ah ! que Vos Majestés excusent mon courroux... J étouffe. . . Je me meurs.
' U s'évanouit.
marie à fautier.
Menez-le loin de nous ;