ACTE V, SCÈNE VI
Secourez-le.
tAUTiER Remmenant , après lui avoir tâté le pouls. Son mal est de longue durée ; Cet homme-là mourra d'ambition rentrée '.
BASSOMPIBRRE,
Nous guiderons ses pas; ensuite , chez le roi J'irai pour m'informer si je couche chez moi. Mais tant que je vivrai, sans entrave et sans chaînes , Mon bras comme mon cœur est à mes souveraines.
SOàVS SIXIÈME.
LE DUC tfÉPERNÔN, MARIE DE MÉMOS, ANNE D'AUTRICHE, MADAME DUFARGIS. '
ANNE
On vous enlève à moi , ma chère Dufargis.
Je vous cache , ce soir, en mon propre logis* Demain , avant le jour, mon amitié discrète Vous promet une sûre et facile retraite.
HADAME DUFARGIS.
Mes larmes....
ANNE
Trêve aux pleurs. Courez dire à Vautier Qu'il fuie aussi , de peur d'être fait prisonnier.
Madame Dufargis baise en pleurant les mains de la reine et sort.
* Le trait que renferme ce vers, souvent répété dans le monde et cité dans un journal , a passé par réminiscence dans une comédie moderne : le public Ta vivement applaudi.
300 RICHELIEU
SOàWE SEPTIÈME.
les prbcédens hors madame Dufargis.
MARIE
Qui? mon docteur !... C'est là le- dernier de leurs crimes.
d'épernon.
Portez | Madame , au roi vos plaintes légitimes Sans vous exagérer les maux de cet instant.
MARIE
Non , à mon Luxembourg toute ma cour m'attend ;
Je la veux emmener loin de ce lieu sinistre,
A Compiègne , sans voir mon fils , ni son ministre.
d'épernon.
Lâcher prise un moment, c'est tout perdre , je crois.
BÎARIB.
Mes a*nis soqt nombreux et soutiendront mes droits.
ANNE
Quand j'ai couru chez vous on savait notre perte ;
Déjà votre demeure était presque déserte.
On s'évadait sans bruit , et vos gens assidus
S'esquivaient devant moi, gênés et confondus.
Voilà de nos valets la bassesse commune.
Nous ne leur sommes rien , leur maître est la fortune.
d'épernon.
A Vos deux Majestés il reste un serviteur
Dont le zèle constant n'est peureux ni menteur.
Le cardinal est fort, mais je ne suis pas* frêle.