ACTE I, SCÈNE V
YPPARETTE.
En vérité , mon léger AJcibiade, tu te joues du courroux de la cité comme de celui de ta femme.
ÀLCIB1ADE.
Adieu! je cours chez Socrate dont la sagesse est ma digne conseillère dans les dangers.
•> YPPARETTE.
Moi , la solitude est la mienne, et je vais la retrouver,
SGÊVS QUATRIÈME.
YPPARETTE seule.
O Alcibiade ! tu es donc toujours à moi! Ta gloire m,'est personnelle , ton honneur est le mien, et ma jalousie même doit me distinguer à tes yeux : mes rivales ne te possèdent que comme amant ; elles ne s'attachent à toi que pour ellesmêmes , ton Ypparette ne t'aime que pour toi , et tu resteras son époux.
SOÈVE CINQUIÈME.
HYPPERBOLUS, YPPARETTE.
HYPPERBOLUS.
Noble Athénienne , j'épiais l'instant de vous révéler un mystère qui vous touche de près.
YPPARETTE.
Je ne vous connais pas.
HYPPERBÔLtté.
Mais je vous connais , moi : je m'adresse à l'intéressante épouse du seigneur Àlcibiade. Personne ne souffrira qu'il l'abuse effrontément comme il le fait à cette heure , pour la jeune Naïs, objet de son nouvel égarement, que va conduire en son logis son vil Théoclés.
YPPARETTE.
Quoi ! quelle est cette Naïs?
HTPPERBOLUS.
Hélas ! une jolie orpheline , une très-gentille créature.
YPPARETTE.
Calomniateur !
HYPPEfcBOLUS.
Accusateur , pa&e.
YPPARETTE.
Ôh ! quelle noirceur !. . .
De sapait.
YPPARETTE.
De la vôtre.
HYPPERBOLUS.
Ouais ! vous prenez ainsi les avertissemens dictés à Hypperbolus é surveillant général dés mœurs , par l'intérêt que lui inspirent votre malheur et la sainteté de votre union !
YPPARETTE.
J'aurais horreur de vous croire, et votre mensonge...