ACTE I, SCÈNE VU
chargeons-en nos saints sacrificateurs : ils lui feront doucement boire ici-bas l'ambroisie, afin de nous le faire adorer là-haut et de l'ériger en demi-dieu. Ces philosophes-là, toujours mal à Taise sur la terre , ne sont bien assis que dans l'Olympe. Patience! nous nous déferons par nos œuvres de ces grands témoins dont la présence nous gène et nous pèse. Athènes sera dès-lors vraiment libre , puisque nous l'aurons affranchie de tout tribut d'admiration et de tout péril d'enthousiasme. Ah ! ah ! voici la petite Naïs que Théoclès conduit mystérieusement vers son noble maître ! Je les dépiste au sortir du gîte. . . faisons-les enrager au passage.
SCÈVE SEPTIÈME.
NAIS, THÉOCLÈS, HYPPERBOLUS, ALMONÉE.
HYPPERBOLUS.
Bonjour , l'ami Théoclès !
THÉOCLÈS.
Salut , Hypperbolus !
HYPPERBOLUS.
Un mot ici , hi ! hi ! où cours-tu si vite avec la jolie personne que tu devances ?
THÉOCLÈS.
A nos affaires.
Moi y qui n'en ai d'autres que de m'enquérir de tout ,
j'interroge les passans pour savoir où ils vont et d'où ils viennent.
nais.
Ne répondez pas à ce méchant homme» ' hypperbolus bas à Théoclès.
Si tu ne m'apprends quelle est cette beauté-là , je ferai peut-être assez fin pour le deviner , hé I hé ! cette innocente n'a pas tant coûté , j'imagine , qu'Aspasie à Périclès. J'ai vu apprécier de jeunes ingénues à moins de deux dragmes , et au prix d'un trésor , des belles très-expérimentées. Ces acquisitions-là se font au rebours de leur véritable valeur.
théoclès.
Votre rire sardonique est le trait distinctif de ceux qui n'ont que du mal à dire ou à faire.
HYPPERBOLUS.
Par Mercure l j'ai de quoi m'égayer du bon office que tu rends à cette honnête fille que j'ai tant aimée.
THEOCLÈS.
Y eut -il jamais rien de commun entre un effronté tel qu'Hypperbolus et une fille si sage, qui a l'air décent, posé d'une prétresse ?. . .
HYPPERBOLUS.
De Milet , hai ! hai 1 hai !
Ce mauvais railleur entend malice à tout.
THEOCLÈS.
Certainement ; il s'écoute.
HYPPERBOLUS.
Oh ! il y a toujours du mal au fond des chosesl