ACTE III, SCÈNE ÏI
tant évanouie. Voilà ce qui m'a suggéré la hardiesse de vous implorer.
YPPARETTE.
Les tenir cachés l'un à l'autre !.... Le perfide ! lorsqu'il affecte en public de resserrer fidèlement nos nœuds....
HAIS. x
Il m'avait juré qu'il me servirait de protecteur, de frère. . . j'y croyais.
YPPAHETTE.
Ah 1 ces noms lui sont-ils plus sacrés que celui d'époux? L'artificieux vous eût menée loin avec ces belles paroles.
NAIS
Toute jeune que je suis , j'ai bien reconnu qu'il me parlait avec bonté , sans aucune finesse.... Oui , si je veux le fuir , ce n'est pas que je le soupçonne : mais je désire ôter tout sujet d'ombrage à mon amant. Il ne faut pas qu'une heure de ma vie lui devienne un mystère. Il m'aime trop pour n'être pas jaloux \ et là jalousie n'entend quelquefois pas raison, même sur les choses les plus claires. Si vous sentiez ce qu'on en souffre !
YPPARETTE.
A qui en parlez-vous ?. . . . Mais où irez-vous pour qu'Alcibiade ne vous poursuive jamais ?
NAIS
% Chez la mère de mon cher Leucippe , avec cette femme qui ne m'a pas quittée et qui lui appartient. Ordonnez que Leucippe m'emmène.
theoclès.
Leucippe attend le seigneur Alcibiade dans son logement particulier, et ne peut monter ici sans son ordre.
TPPARETTE.
Il importe qu'on ne vous surprenne pas ensemble. Théoclès qui va tous guider jusqu'à la plus prochaine sortie, avertira Leucippe de votre départ secret : allez chez sa mère avec cette femme. 11 se hâtera de vous y retrouver à l'insu d'Alcibiade. Fuyez. Théoclès , conduis -la sans bruit , et cours annoncer son évasion à Leucippe.
Le message est périlleux. Veuille le dieu protecteur de mon industrie que tout le mal , s'il en arrive , ne me retombe pas sur le dos.