ACTE IV, SCÈNE IL
ALMADA.
Est-tu prêt à me suivre <Jans une affaire sanglante qui se videce>matin? < - •*
ALVARE
Une querelle?
Oui.
ALHADA.
ALVARE
Et avec qui?
ALMADA.
Je ne te puis nommer encore mon ennemi.
ALVARE
Pourquoi?
ALMADA.
C'est un homme méprise, haï, détesté de tout Lisbonne.
ALVARE
Quel est le sujet de votre dispute?
ALMADA.
Un entretien sur le ministre espagnol ; je le trouve injuste , cruel ; il le défend en partisan effréné : je me courrouce , et bref il faut se battre.
ALVARE
C'est fort bien fait , mon ami ; la cause de ta colère est légitime , et la même indignation me transportait ce matin contre ces orgueilleux Castillans.
( ALMADA.
Toi?
ALVARE
Ma bile était allumée à tel point , qu'elle se répandait en présence du duc de Bragance. ' *> ■•••••-.
12* PINTO
ALMADA.
J'aime à te voir agité de cette noble fureur pour l'affranchissement de ton pays ; elle me convainc que les sociétés frivoles où tu nis , n'ont pas étouffé les germes de ta vertu , que le sceau d'opprobre qu'imprime à tant de Portugais , la tyrannie de Philippe , n'a point flétri ton ame encore pure ; en un mot , que tu sais être et penser.
ALVARE
Si l'on me ressemblait , mais on n'a pas de nerf. ...
ALMADA.
Ce n'est pas la fermeté qui manque, les ressources peutêtre.
ALVARE
Bah ! l'audace en fournit et multiplie les expédiens.
Les sages esprits sont convaincus que la seule prudence....
ALVARE
Bah ! la prudence perd tout.
ALMADA.
Les Espagnols ont des forces contre lesquelles échoueraient nos téméraires attaques.
ALVARE
Ah ! que jamais on ourdisse une grande conspiration , je quitte les plaisirs , les maîtresses , le monde , j'entre dans le complot et signale ce que je suis ; mais on est si faible. . . .
ALMADA*
Pas tant que tu le crois. Il reste encore des cœurs révoltés contre l'injustice ; pleins de ces vertus dont l'inquiète