ACTE SECOND, SCENE XIV
Dieu du ciel! une épée! une veste! Un galant Est chez elle. Elle veut nous celer sa présence. Je vous comprends, Juana, je flaire une vengeance. Quelqu'un! Oui, la voilà! Voyez comme elle court. Je la tiens. Cachons-nous, je vais l'arrêter court.
(// se blottit contre un massif. Entre le Page, toujours en courant.)
Halte-là, s'il vous plaît! Au passage on vous gobe. Vous n'échapperez point, je vous tiens par la robe.
Le Prince, survenant, exaspéré.
Par le Cid! j'ai ma proie.
[Au Corrégidor.)
Ah ! sacripant maudit, Dis un Pater et meurs.
Le Corrégidor, attiré.
Monseigneur...
Le Prince.
L'as-tu dit?
Le Corrégidor.
Gruce! Oui, je l'aimais!
254 l'arrivée de l'infante.
Le Prince, au Page, qui veut s'enfuir.
Restez, mademoiselle.
Le Corrégidor.
Hélas! nous sommes deux brûlantd'amour pour elle... Quedis-je, deux! Non pas. Seigneur, nous sommes trois!
Le Prince, n'y comprenant rien.
Je n'y suis pas.
Le Corrégidor, tenant la veste d'une main et Vcpée de Vautre.
Voici. J'ai découvert sous bois Une veste, une épée. Evidemment, madame Avait un rendez-vous avec quclqu'autrc.
Le Prince.
Infâme !
Parlez! se pourrait-il? Où donc est ce galant?
Le Corrégidor.
Sans doute en son logis.
Le Prince, s'approchant du pavillon.
Que l'on m'ouvre à l'instant !