SCENE IV
LES MEMES, LA COMTESSE, ÉLIANE, ÉLISE, SUZETTE, LES DEUX FEMMES (elles portent chacune un flambeau à deux bougies qiC elles placent sur la toilette).
La BAROi\NE, à part.
Secourons-le pourtant.
[A voix basse au clievalier, en le prenant à Vécart.)
Chevalier, le temps presse; Vous êtes d'Éliane un ami de jeunesse, Son parent, plus encor, son époux en ce jour, Courez la saluer. Osez de votre amour, — Eh! oui, de votre amour, - lui donner l'assurance. C'est un droit, un devoir. La voici qui s'avance , Et son front incliné dérobe vainement La langueur de ses yeux sous ce voile flottant.
Le Chevalier.
(// regarde Eliane avec ravissement.)
Oh! madame, c'est vrai! qu'elle est belle!
La Baronne, toujours à mi-voix.
Courage !
Votre cœur parle... allons, écoutez son langage; Répétez-lui bien haut ce qu'il vous dit tout bas.
Le Chevalier, avec plus de résolution, et mettant un genou en terre devant Eliane.
Madame, en m'inclinant humblement sous vos pas, Souffrez que de nouveau, devant tous, ici même, J'atteste de mes vœux l'engagement suprême. Daignez les accueillir, qu'ils vous soient chers et doux ; C'est un cœur qui s'éveille et n'aspire qu'à vous.
La Baronne. [Elle prend la main d^Éliane et la met dans celle du chevalier.)
Prenez, cher chevalier, prenez avec tendresse La main que l'on vous tend.
Le Chevalier.
( // prend la main d' Eliane et la porte à ses lèvres.)
Merci!
(// se relève ému et presque chancelant , tandis qu'on fait asseoir Eliane du coté opposé.]
La Baronne, bas., au chevalier.
Moins de faiblesse.
C'est bien, remettez-vous et sortez un instant.