‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 112 sur 238 · ACTE I, SCÈNE Ii: 17q · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Ii: 17q

• FANTASIO-

Un sonnet vaut mieux qu'un long poBme, et un verre de vin vaut mieux qii*un sonnet, ri boit.

SPARK

Pourquoi ne voyages-tu pas? va en Italie.

J'y ai été.

SPARK

Eh bien ! est-ce que tu ne trouves pas ce pays-là beau ?

FANTASIO

11 y a une quantité de mouches grosses comme des hannetons qui vous piquent toute la nuiU

SPARK

Va en France.

FANTASIO

Il n'y a pas de bon vin du Rhin à Paris.

SPARK

Va en Angleterre.

FANTASIO

J'y suis. Est-ce que les Anglais ont une patrio? J'aime autant les voir ici que chez eux.

SPARK

Va donc au diable, alors!

FANTASIO

Oh ! s'il y avait un diable dans le ciel! s'il y avait un enfer, comme je me brûlerais la cervelle pour aller voir tout ça! Quelle misérable chose que l'homme ! ne pas pouvoir seulement sauter par sa fenêtre sans se casser les jambes! être obligé de jo'Âor du violon dk

ans pour devenir un musicien passable ! Apprendre pour être peintre, pour être palefrenier! Apprendre pour faire une omelette ! Tiens, Spark, il me prend des envies de m*asseoir sur un parapet, de regarder couler la rivière et de me mettre à compter un, deux, trois, quatre, cinq, sijt, sept, et ainsi de suite jusqu'au jour de ma mort.

SPARE

tie que tu me dis là ferait rire bien des gens, moi, cela me fait frémir : c'est l'histoire du siècle entier. L'éternité est une grande aire, d'oii tous les siècles, comme de jeunes aiglons, se sont envolés tour à tour pour traverser le ciel et disparaître ; le nôtre est arrivé à son tour au bord du nid ; mais on lui a coupé les ailes, et il attend la mort en regardant l'espacé dans lequel il ne peut s'élancer,

FANTASIO, chantant.

Tu m'appelles ta vie, appelle-moi ton âme, Car l'âme est immortelle, et la vie est un jour.

Connais-tu une plus divine romance que celle-là, Spark ? C'est une romance portugaise. Elle ne m'est jamais venue à l'esprit sans me donner envie d'aimer quelqu'un.

' SPARK

Qui, par exemple?

FANTASIO

Qui ? je n'en sais rien ; quelque belle fille toute ronde comme les femmes de Miéris ; quelque chose de doux comme le vent d'ouest, de pâle comme les rayons de la lune ; quelque chose de pensif comme ces petites ser-

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