‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 203 sur 238 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

ULRIC

Jolie emplette ! il est grand comme la main et cousu ilans du cuir. G*est un miroir de sorcière bohémienne ; elles en portent de pareils sur la poitrine.

ROSEMBERG

Regardez-y; qu'y voyez-vous ?

ULRIC

Rien, en vérité, pas môme le bout de mon nez. C'est un miroir magique ; il est couvert d'une myriade de signes cabalistiques.

POLAGCO.

Qui saura verra, qui saura verra.

ULRIC

Ah! ah I je comprends qui tu es ; oui, sur mon âme, un honnête sorcier. Eh bien I que voit-on dans la glace ?

POLACCO

Qui verra saura, qui verra saura.

ULRIC

Vraiment I je crois donc te comprendre encore. Si je ne me trompe, ce miroir doit montrer les absents ; j'en ai vu, parfois, qu'on donnait comme tels. Plusieurs de mes amis en portent à l'armée.

ROSEMBERG

Pardieu I seigneur Ulric, voilà une offre qui vient à propos. Vous qui parliez de votre femme, ce nliroir est fait pour vous. Et dites-rmoi, brave Polacco, y voit-on seulement les g&s? N'y voit-on pas ce qu'ils font en môme temps?

COMÉDIES. L iS

326 3ARBERINK.

POLACCO

Le blanc est blanc, le jaune est de Tor. L'or est au diable, le blanc est à Dieu.

ROSEMBERG

Voyez ! cela n'a-t-il pas trait à la fidélité des femmes? Oui, gageons que les objets paraissent blancs dan» cette glace si la femme est fidèle, et jaunes si elle ne Test pas. C'est ainsi .que j'explique ces paroles :L'or est au diable, le blanc est à Dieu.

ULRIC

Éloignez-vous, mon bon ami ; ni ce seigneur ni moi n'avons besoin de vos services. Il est garçon, et je ne suis pas superstitieux.

ROSEMBERG

Non, sur ma vie I seigneur Ulrîc; puisque vous êtes mon allié, je veux faire cela pour vous. J'achète moimême ce miroir, et nous y regarderons tout à l'heure si votre femme cause avec son voisin.

ULB^C.

Éloignez-vous, vieillard, je vous en priei

ROSEMBERG

Non! non! il ne partira pas que nous. n'ayons fait cette épreuve. Combien vends-tu ton miroir, PolaccoT Ulric 8*éloigne un peu et se promène. ,

POLACCO

Hél hél chacun son heure, mon. cher seigneur ; tout vient à point, chacun son heure.

RÔSEMBiaft,

Je te demande quel est ton prix ?

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