‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 204 sur 238 · ACTE II, 5CÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, 5CÈNE I

POLACeO.

Qui refuse muse, qui muse refuse*

ROSEMBERG

Je ne muse pas, je veux acheter ton miroir.

POLACCO

' Hé ! hé ! qui perd lé temps... le temps le gagne, qui perd le temps...

AOSEMËERG.

. Je te comprends. Tiens, voilà ma bourse. Tu crains sans doute qu'on ne te voie" ici faire en public ton petit négoce.

POLACCO, prenant la bonne. • Bien dit, bien dit, mon cher seigneur, les murs ont des yeux, les arbres aussi. Que Dieu conserve la police! les gens de police sont d'honnêtes gens I

ROSEMBERG, prenant le miroir.

Maintenant tu vas nous expliquer les effets magiques de cette petite glace.

POXACCO.

Seigneur, en fixant vos yeux avec attention sur ce miroir, vous verrez un léger brouillard qui se dissipe peu à peu. Si l'attention redouble, une forme vague et incCTtaine cominence bientôt à en sortir; l'attentiop redoublant encore, la forme devient claire ; elle vous montre le portrait de la personne absente à laquelle vous avez pensé en prenant la glace. Si cette personne est une temme et qu'elle vous soit fidèle, la figure est blanche et presque pâle ; elle vous sourit faiblement. Si là personne est seulement tentée, la. figure se colore d'un jaune bloi;id comme l'or d'un épi mûr ; si^elle est

32S 6âRBERIN£.

infidèle, elle devient noire comme du charbon, et aassi- 6t une odeur infecte se fait sentir.

BOSEMBERG.

Une odeur infecte, dis-tu ?

POLACGO.

Oui, comme lorsque Ton jette de Teau sur des cba^ bons allumés.

ROSEHBERG.

C'est bon ; maintenant prends ce qu'il te faut dans cette bourse, et rends-moi le reste.

POLACCO

Qui viendra saura, qui saura viendra,

IIOSEMBERG.

Vends-tu si cher cette bagatelle?

POLACCO

Qui viendra verra, qui verra viendra.

ROSEMBERG

Que le diable t'emporte avec tes proverbes.

POLACCO

Je baise les mains, les mains... Qui viendra verra. Il 8orU

ROSEMBERG

Maintenant, seigneur Ulric, si vous le voulez bien, il nous est facile de savoir qui a raison de vous ou de moi?

ULRIC

Je vous ai déjà répondu; je ne puis souffrir ces jongleries,

ROSEMBERG

Bon ! VOUS avez entendu, comme moi, les explications

Page 1