ACTE III, SCÈNE IX. 36i
de tel que l'audace. — Il me semble que j'entends du
bruit. Quelqu'un monte l'escalier; on s'approcbe, op
monte à petits pas. Ah ! comme mon cœur palpite I
Les fenêtres se ferment, et on entend au dehors le bruit do plusieurs Terrons.
Qu'est-ce que cela veut dire? Je suis enfermé. On verrouille la porte en dehors. Sans doute, c*est quelque précaution de Barberine ; elle a peur que pendant le dîner quelque domestique n'entre ici. Elle aura envoyé sa camériste fermer sur moi la porte, jusqu'à ce qu'elle puisse s'échapper I Si elle allait ne pas venir ! s'il arrivait un obstacle imprévu I Bon, elle me le ferait dire. Mais qui marche ainsi dans le corridor? On vient ici... C'est Barberine, je reconnais son pas. Silence I il ne faul pas ici nous donner l'air d'un écolier. Je veux composer mon visage... celui à qui de pareilles choses arrivent n'en doit pas paraître étonné.
Un guichet s*ouyre dans la murûlle.
BARBERINE, en dehors, parlant par le guichet.
Seigneur Rosemberg, comme vous n'êtes venu ici que pour commettre un vol, le plus odieux et le plus digne de châtiment, le vol de l'honneur d'une femme, et comme il est juste que la pénitence soit proportionnée au crime, vous êtes emprisonné comme un voleur. Il ne vous sera fait aucun mal, et les gens de votre suite continueront à être bien traités. Si vous voulez boire et manger, vous n'avez d'autre moyen que de faire comme ces vieilles femmes que vous n'aimez pas, c'esVà-dire de filer. Vous avez là, comme vous savez, une quenouille et un fuseau, et vous pouvez avoir Tassurance que 1 or-
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3C2 BARBERINB.
dinaire de tos repas sera scrupuleusement augmenté ou mminué, selon la quantité de fil que tous filerez. Elle fenne le guichet.
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Est-ce que je rêve ? Holà I Barberine ! holà I Jean I holà ! Albert I Qu*est-ce que cela signifie ? La porte est comme murée ; on Ta fermée avec des barres de fer ; — les fenêtres sont grillées, etle guichetn*est pas plus grand que mon bonnet. Holà I quelqu'un I ouvrez ! ouvrez I ouvrez, ç*est moi, Rosemberg, je suis enfermé ici. Ouvrez ! qui vient m'ouvrir ? Y a-t-ll ici quelqu'un ? Je prie qu'on m'ouvre, s'il vous plaît. Hé ! le gardien, étesvous là ? ouvrez-moi,. Monsieur, je vous prie. Je veux faire signe parla croisée. Hé I compagnon, venez m'ouvrir; — il ne m'entend pas : — ouvrir, ouvrir, je suis enfermé. Cette chambre est au premier étage. — Mais qu'est-ce donc ? on ne m'ouvrira pas I
BARBERIME, ouYruit le gaicbet.
Seigneur, ces cris ne servent de rien. U commence à se faire tard ; si vous voulez souper, il est temps de vous mettre à filer.
Elle ferme le guichet
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Hé I bon 1 c'est une plaisanterie. L'espiègle veut me piquer au jeu par ce joyeux tour de malice. On m'ouvrira dans un quart d'heure ; je suis bien sot de m'in« quiéter. Oui, sms doute, ce n'est qu'un jeu ; mais il me semble qu'il est un peu fort, et tout cela pourrait me prêter un personnage ridicule. Hum I m'enfermer dans une tourelle I Traite-ton aussi légèrement un