‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 3 sur 238 · AVANT-PROPOS. V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. V

Bien que j'aie médit de la critique, Je suis loin de lui contester ses droits, qu'elle a raison de maintenir^ et qu'elle a même solidement établis. Tout le monde -ent qu'il y aurait un parfait ridicule à venir dire aux ;ens : Voilà un livre que je vous offre ; vous pouvez le ire et non le juger. La seule chose qu'on puisse raisonnablement demander au public, c'est de juger avec indulgence.

On m'a reproché par exemple, d'imiter et de m'inipîrer de certains hommes et de certaines œuvres. Je réponds franchement qu'au lieu de me le reprocher on aurait dû m'en louer *• Il n'en a pas été de tous les . temps comme il en est du nôtre, oîi le plus obscur écolier jette une main de papier à la tète du lecteur, en ayant soin de l'avertir que c'est tout simplement un chef-d'œuvre. Autrefois il y avait des maîtres dans les arts, et on ne pensait pas se faire tort, quand on avait vingt-deux ans, en imitant et en étudiant les maîtres. Il y avait alors, parmi les jeunes artistes, d'immenses et respectables familles, et des milliers de mains travaillaient sans relâche à suivre le mouvement de la main d'un seul homme. Yoler une pensée, un mot, doit être regardé comme un crime en littérature. En dépit de toutes les subtilités du monde et du bien qu'on prend

* Au moment où ranteur écrirait ces lignes, il avait déjà publié • les Contes d'Espagne et d'Italie «t la première partie 4lu Speetat^ dam un fauteuiL U répond ici aux critiques qui raccusalent d*avoir imité dfius ces deux ouvrages divers poCtos français et étrangers.

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