SCÈNE PREMIÈRE
Une rue. — Au fond, un canal. — U est nuit.
RAZETTA, descendant d'une gondole, LAURETTE, paraissant à un balcon.
BAZETTA.
Partez-vous, LauTette ? Est-il vrai que vous partiez?
COMÂOIES. I. i
LAURETTB.
Je n'ai pu faire autrement.
BAZETTA.
Vous quittez Venise?
LAURBITtB.
Demain matin.
RAZETTA
Ainsi cette funeste nouvelle qui courait la ville aujourd'hui n'est que trop vraie : on vous vend au prince d'Eysenach. Quelle fête ! votre orgueilleux tuteur n'en Ddourra-t-il pas de joie ? Lâche et vil courtisan !
LAURETTE
Je vous en supplie, Razetta, n'élevez pas la voix^ ma gouvernante est dans la salle voisine; on m'attend, je ne puis que vous dire adieu.
RAZETTA
Adieu pour toujours ?
LAURETTE
*PQur toujours I
RAZETTA
Je suis assez riche pour vous suivre en Allemagne
LAURETTE
Vous ne devez pas le faire. Ne nous opposons pas, mon ami, à la volonté du ciel.
RAZETTA
La volonté du ciel écoutera celle de l'homme. Bien que j'aie perdu au jeu la moitié de mon bien, je vous répète que j'en ai assez pour vous suivre, et que j'y sui« déterminé.
LAURETTE
Yous nous perdrez tous deux par cette action.