ACTE III, SCÈNE II
ANDRÉ
Je la tenais embrassée durant les longues nuits d'été sur mon balcon gothique. Je voyais tomber en silence les étoiles des mondes détruits. Qu'estrce que la gloire? m'écriais-je ; qu'est-ce que Tambition? Hélas I Thomme lend à la nature une coupe aussi large et aussi vide qu'elle. Elle n'y laisse tomber qu'une goutte dé sa rosée; mais cette goutte est l'amour, c'est une larme de ses yeux, la seule qu'elle ait versée sur cette terre pour lia consoler d'être sortie de ses mains. Lionel, Lionel, mon heure est venue.
Prends courage.
ANDRÉ
C'est singulier, je n'ai jamais éprouvé cela. Il m'a semblé qu'un coup me frappait. Tout se détache de moi. Il m'a semblé que Lucrèce partait.
LIONEL
Que Lucrèce partait I
ANDRÉ
Oui, je suis sûr que Lucrèce part sans me répondre.
LIONEL
Comment cela?
ANDRÉ
J'en suis sûr; je viens de lavoir.
LIONEL
De la voir! Où? comment?
ANDRÉ
J'en. suis sûr; elle est partie.
UONEL.
Gela est étrange l
Ain)RÉ.
Tiens, voilà Mathurin.
MATHURIN, entrant.
Mon maître est-il ici?
ANDRÉ
Oui, me voilà.
HATHURIN/
J'ai tout appris.
ANDRÉ
Eh bien?
MATHURIN^ letiran à part.
Dois-jevous dire tout, xnaitre?
ANDRÉ
Oui, oui.
MATHURIN
J'ai rôdé autour de la maison, comme vous me Ta* vie2 ordonné.
ANDRÉ
Eh bien?
MATHURIN
J'ai fait parler le vieux concierge; et je sais tout aa mieux.
ANDRÉ
Parle doncl . ' . .
MATHURIN
Gordiani est guéri; la blessure était peu de chose. Ao premier coup de lancette il s'est trouvé soulagé
ANDRÉ
Et Lucrèce?
MATHURIN