‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 72 sur 238 · ACTE I, SCÈNE I. Hi · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. Hi

rive ; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents rentrsdnent en silence, et, quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté ; il ne peut plus ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.

On entend un bruit d'instruments.

Quelle est cette mascarade? N'est-ce pas Octave que j'aperçois?

Entre Octave.

OCTAVE

Gomment se porte, mon bon monsieur, cette gracieuse mélancolie ?

COELIO

Octave! ô fou que tu es I tu as un pied de rouge sur les joues! D'où te vient cet accoutrement? N'as-tu pas de honte en plein jour ?

OCTAVE

Cœlio I fou que tu es ! tu as un pied de blanc sur les joues ! — D'où te vient ce large habit noir? N'as-tu pas de honte en plein carnaval ?

COELIO

Quelle vie que la tienne! Ou tu es gris, ou je le suis moi-même.

OCTAVE

Ou tu es amoureux, ou je le suis moi-même.

COELIO

Plus que jamais de la belle Marianne.

OCTAVE

Plus que jamais de vin de Chypre.

GOEUO.

J'allais chez toi quand je t*ai rencontré.

OCTAVE

Et moi aussi j'allais chez moi. Comment se porte ma maison? Il y a huit jours que je neTâiTue.

COEUO.

J'ai un service à te demander.

OCTAVE

Parle, Cœlio, mon cher enfant. Veux-tu de l'argent? Je n'en ai plus. Veux-tu des conseils? Je suis ivre. Veuxtu mon épée? voilà une batte d'arlequin. Parle, parle, dispose de moi.

CQELIO.

Combien de temps cela durera-t-il? Huit jours hors de chez toi! Tu te tueras, Octave.

OCTAVE

Jamais de ma propre main, mon ami, jamais ; j'aimerais mieux mourir que d'attenter à mes jours.

GOELIO.

Et n'est-ce pas un suicide comme un autre, que la vie que tu mènes?

OCTAVE

Figure-toi un danseur de corde, en brodequins d'argent, le balancier au poing, suspendu entre le ciel et la terre ; à droite et à gauche, de vieilles petites figures racornies, de maigres et pâles fantômes, des créanciers agiles, des parents et des courtisanes; toute une légion de monstres se suspendent à son manteau et le tiraillent de tous côtés pour lui faire perdre l'équilibre ; des phrases redondantes, de grands mots enchâssés cavalca**

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