ACTE I, SCÈNE I. HT
mot ae ses lèvres l'anéantir ou l'embraser. Vivre poui une autre me serait plus difficile que de mourir pour elle : ou je réussirai ou je me tuerai. Silence I la voici qui détourne la rue.
OCTAVE
Retire-toi, je vais l'aborder.
COELIO
Y penses-tu ? dans l'équipage où te voilà ! Essuie-toi le visage : tu as l'air d'un fou.
OCTAVE
Voilà gui est fait. L'ivresse et moi, mon cher Cœlio, nous nous sommes trop chers l'un à l'autre pour nous jamais disputer ; elle fait mes volontés comme je fais les siennes. N'aie aucune crainte là-dessus ; c'est le fait d'un étudiant en vacance qui se grise un jour de grand dîner, de perdre la tête et de lutter avec le vin; moi, mon caractère est d'être ivre ; ma façon de penser est de me laisser faire, et je parlerais au roi en ce moment, comme je vais parler à ta belle.
COELIO
Je ne sais ce que j'éprouve. — Non, ne lui parle pas.
OCTAVE
Pourquoi ?
COELIO
Je ne puis dire pourquoi ; il me semble que tu vas me tromper.
OCTAVE
Touche là. Je te jure sur mon honneur que Marianne sera à toi, ou à personne au monde, tant que j'y pourrai quelque chose.
Cœlio sort. ^ Entre Marianne. Octave l'aborde.
OCTAVE
Ne VOUS détournez pas, princesse de beauté ; laissez ^mber vos regards sur le plus indigne de vos serviteurs.
MABIANNE.
Qui ôtes-vous?
Mon nom est Octave ; je suis cousin de votre mari.
MARIANNE
Venez-vous pour le voir? entrez au logis, il va revenir.
OCTAVE
Je ne viens pas pour le voir, et n'entrerai point au logis, de peur que vous ne m'en chassiez tout à l'heure, quand je vous aurai dit ce qui m'amène.
MARIANNE
Dispensez-vous donc de le dire et de m'arrôter plus longtemps.
OCTAVE
Je ne saurais m'en dispenser, et vous supplie de vous arrêter pour l'entendre. Cruelle Marianne I vos yeux ont causé bien du mal, et vos paroles ne sont pas faites pour le guérir. Que vous avait fait Gœlio?
MARUNNE.
De qui parlez-vous, et quel mal ai-je causé ?
OCTAVE
Un mal le plus cruel de tous, car c'est un mal sans espérance ; le plus terrible, car c'est un mal qui se chérit lui-même et repousse la coupe salutaire jusque dans la main de l'amitié, un mal qui fait pâlir les lèvres sous des poisons plus doux que l'ambroisie, et qui fond