JOSEPH
Je m'en revois
À ceste fois
Vers mon Espouse, Pour mon devoir Faire de voir Nouvelle chouse.
De ce qu'il fault Pour ce fruit hault N'ay la puissance.
SY avons nous Non les biens tous Mais suffisance.
Point d’indigence Ne negligence
De vivre au labeur de noz mains;
Des biens donnons Et aulmosnons,
Qui plus en ha, en donne moins.
Quelle lumiere Voila dérriere !
Je suis comme,un homme escarté.
Il m'est advis | Que je ne viz
Jamais de semblable clarté.
= éd. Frank) s’y.
Marguerite de Navarre.
Je voy Marie . Non pas marrie, Mais d’un visage tresjoyeux.
Mais que voit elle Ceste pucelle ?
Tousjours en bas elle ha les yeux.
Làs, c’est l'enfant Qui me defend De mourir, pour voler aux cieux.
Je demourray, Non. j'entreray Pour voir le fruit delicieux.
Doy je garder Ou regarder | Ce fruit plein de vertu divine ?
Làs, regarder Ne engarder
Ne m'en peult ma nature indigne.
Voicy le jour
Que vray Amour Pour se monstrer, a espié.
O quel bon tour!
Dont sans sejour.
M’amye, donnez moy son pied.
(Se met à genoux et baise.)
Par ce baiser Puis appaiser Mon cœur bruslant en Charité.
Qu'il est plaisant, Beau et luisant !
Aussi il est la Verité.
DIEU puissant Pere Qui tout impere.
469 1547 cest.
Je voy reposer dans ce Filz.
Pas ne l’ignore, Dont je l’adore ; Car onques doute je n’en feiz.
Làs, sa promesse En grand largesse Nous a fil] maintenant tenue.
Heureux je suis Dont voir le puis; | O heureuse et digne veüe !
MARIE. Mon amy, il nous fault entendre D’envelopper cest Enfant tendre; Car la nuict est un peu trop fresche.
JOSEPH. Ce m'est plaisir de peine en prendre :
Mais pour un peu de clarté rendre,
. Je vois allumer ceste mesche, Hstoupper aussi ceste bresche:
Mais quand il me vient en memoire, Ou le mettrons nous? En la creiche ?
Meilleur lieu n’a ou diversoire.