‹ ComédiesChapitre 58 sur 73 · À | COMBDIE JOUÉE AU MONT DE MARSAN · texte numérisé non relu

À | COMBDIE JOUÉE AU MONT DE MARSAN

le jour de caresme prenant mil cinq cens quarante sept, à quattre personnages, c’est assavoir la .MON- DAINNE, la SUPERSTITIEUSE, la SAGE et la RA- VIE DE L'AMUUR* DE DIEU, bergere.

is MONDAINE commence.

J'ayme mon corps, demandez moy pourquoy:

Pour ce que beau et plaisant je le voy:

Quant à mon ame qui est dedans cachée, . Je ne la puis toucher d’œil ny de doy ...

… Ce m'est tout ung, poinct n’en suis empeschée. Ame soit ame à qui l’a bien cherchée, Mon corps est corps, je le sens vivement.

S'il a du mal, j'en suis toutte fachée, S'il a .du bien, j'en ay contantement.

Je le pare et dore, Acoustre et decore De tous ornemens.

Je le painctz et farde, Remire et regarde Voire à tous momens; De le tenir sain, C'est tout mon desain, Car je veulx qu'il vive.

De melencolie

# À. L. Raine. G. Paris corr. Ms. de labour A. L. + — 4 G. Paris constate qu'après ce vers un vers en -0y manque.

Et de maladie Pour luy suis craintive.

Je luy cherche joye Et ne veulx qu'il voie Rien qui luy desplaise.

Honneurs pour luy chasse Et biens luy pourchasse Pour le tenir aise.

Et tout le plaisir Que l’œil peult choisir, Au c[ujeur je le donne, Tant qu'il en peult prandre:

A ce veulx entendre Sans aymer personne.

Bref, tout mon penser C'est de l’advencer En plaisir parfaict; Par penne non grande.

De ce qu'il demande Le rendz satisfaict.

LA SUPERSTITIEUSE chante:

Je m'en vois faire ung voiage, De bon cœur et bon couraige:

C’est un sainct pelerinaige De Marie et son enfant, Qui de mal et toute rage Le vray pellerin deffend.

Puis elle dict:

Le chemin long m'a aux piedz agravél{e] Dont ma personne est sv très fort grevée Que j'en sens bien des douleurs non petites;

46 Ms. m'a agravé aux piedz A. L. agravéfe] G. P, corr. aux p. agravé{e]

| Mais quant j'ay bien mes pennes esprouvées, 50 Doulces en moy doibvent estre trouvées, (448 Veu que j'acquiers par elles gros merites. Tant aise suis quant ay mes heures dictes Et mon saultier de cent cinquante Avez.

Cestuy [rosaire] est du Mont des Hermittes, 55 Dont plusieurs sont en le disant sauvez.

Des oraisons m’aÿde De [la] saincte Bregide, Qui revelation Eut de tout le torment, 60 Que souffrit justement Christ en sa passion.

De tous sainctz oraisons J'ay pour toutes Saisons, Pour garder et guerir 65 De tous dangiers et maulx, D’ennuis et de travaulx, Où je puis encourir.

Puis voici ma neufvaine, Qui n’est pas chose vainne.

0 Voiez ces neuf chandelles:

S’elles sont allumées Et que droict les fumées Voy monter au ciel d’elles, Je sçay que ma priere 75 N'est pas mise en erriere, Mais est receue aux cieulx.

De ces trois qui sont blanches, Je les garde au dimanche Dont j'espere bien mieulx.

53 et cent c. A. serait peut-être préférable (A. L.) — 54 Ms. Cestuy est delmoy des Hermittes À.

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