‹ Comédies romanesquesChapitre 107 sur 130 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Où tu vas si légère et sans tourner la tête, L'œil brillant d'un éclat que nul pleur ne ternit, Comme un oiseau joyeux qui déserte son nid Quand le vent du matin lui souffle entre les ailes, Plus que nos vieux bonheurs aux saveurs si nouvelles T'attire; et c'est ainsi que tu veux me quitter, Et que seul au logis désert, je vais rester Une heure à peine après que je t'ai retrouvée !

Tristement.

Mon enfant, j'ai souvent rêvé mon arrivée Parmi vous, j'étais loin de rêver celle-ci.

BL AKDIKE.

Vous ne serez pas seul, ma sœur demeure aussi, Qui pendant le souper vous tiendra compagnie.

ÉTIENN'E,

Pour le premier repas la table dégarnie !

Non, ma faim attendra, se souvenant du temps

Où je ne soupais pas du tout. — Près de sept ans

Nous avons fait ménage ensemble sous la tente.

— Voyons, ne me dis plus de parole attristante.

Cesse de me compter chaque moment trop prompt,

Laisse errer mon regard de ta bouche à ton front;

Ne te dérobe plus, que je t'admire à l'aise.

Et mets dans mes deux mains tes mains, que je les baise.

BL A.VDIKE.

Vous parlez..,

ipo LE RETOUR.

ETIENNE

Autrefois tu ne disais pas vous

Il la regarde en soupirant.

A ton ami. J'ai donc tant changé! — Ces bijoux Te vont bien. Ce ruban sied à ta chevelure. Pourtant j'aimerais mieux ta modeste parure D'autrefois, tu sais }

BLANDINE

Non je ne me souviens pas.

ETIENNE

C'est bizarre ! Tout m'est si présent ! Chaque pas Que je fais sous ce toit hospitalier réveille Mirages à mes yeux, échos dans mon oreille, Fantômes émergeant de l'ombre et de l'oubli. Chers revenants au beau sourire enseveli, Tous nos jours écoulés d'enfance et de jeunesse.

BLANDINE

Je ne me souviens pas.

ETIENNE

Mais il faut qu'il renaisse, Ce passé ; je le veux. Nous rapprendrons bientôt A lire au même livre et tu diras tout haut

Elle veut se lever, il la retient.

Les mots que je t'aurai soufflés tout bas. — Ecoute Encore, écoute-moi comme autrefois. — Sans doute, Nous étions deux enfants lorsque je suis parti :

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