‹ Comédies romanesquesChapitre 114 sur 130 · SCÈNE VI. aoi · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. aoi

Allez, c'est pour l.i France et pour la République ! »

O sœurs ! qui souleviez, de votre souffle épique,

Sur notre sol ému pareil à l'océan,

Au nom de la Patrie, un si fier ouragan ;

Guerrières, qui voulez la paix, et qui nous faites

Espérer son retour et ses divines fèces ;

Aube du jour sacré promis à nos enfants,

Oh ! ne détournez pas vos regards triomphants ;

Laissez flotter sur nous votre robe sans tache.

Qu'aux hommes éblouis nulle ombre ne vous cache ;

Ouvrez-leur vos trésors, moncrez-leur vos beautés,

Et vous attirerez sur vos pas enchantés

Les faibles, les petits et votre ennemi même.

Qui, faute de vous bien comprendre, vous blasphème.

Et pour qui vous avez un pardon toujours prêt,

Car vous avez pitié du mal que l'on vous fait !

AUGUSTt.

Ah ! mais c'est du Babeuf !

MADAMK DERVILLIERS.

Etienne, tu t'irrites A tort, et, quant à moi, j'ai vu trop d'hypocrites User de ces grands mots...

ETIENNE, avec vivacité.

Le diamant perd-il De sa valeur aux mains d'un brigand? — Le fusil

Est-il moins bon quand c'est un traître qui le charge?

Non, la justice vraie est plus haute et plus large;

Elle ne confond pas les coupables. Allez,

Si vous aviez passé par les bourgs désolés,

Par les champs qui portaient, au lieu des moissons mûres

Des cadavres noircis et des débris d'armures ;

Par les chemins couverts de pâles laboureurs

Qui fuyaient au hasard ces sanglantes horreurs,

Pendant qu'au loin fumaient la maison et la grange;

Si vous aviez pu voir à la lueur étrange

Des canons, au milieu de leur infernal bruit.

Les remparts assiégés se dresser dans la nuit ;

Si vous aviez cherché, de l'une à l'autre aurore,

L'ami qu'on vit tomber, qu'on trouve tiède encore.

Et dont on n'a pas eu l'adieu; si vous saviez

Ce que c'est que six ans de guerre, vous auriez

Dégoût de ces plaisirs que l'égoïste envie,

Et suivant la raison et la philosophie.

Vous courriez au-devant des contingents futurs,

Où, tous seront heureux, lorsque tous seront purs !

AUGUSTE

Dieux ! le monde des purs ! c'est du Clootz, du Chaumeti

A Blaiidiiie ni3-st<.'rieusement.

Du Bazire ! — Monsieur n'a fait couper la tête A personne?

BLANDINE, riant.

Non, non, pas encor. Mais pourtant,

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