SCENE VII
Ne peut tarder. Joubert est un de mes amis. Il commande là-bas, et comme il m'a promis De toujours me laisser près de lui prendre place, Quand avec le danger il serait face à face, Je veux lui rappeler sa parole.
VIVARAIS, d'un air consterné.
Mon Dieu!
Monsieur veut s'en aller !
L U C y, d'un ton désolé.
Mon cousin, au milieu De la nuit, par ce froid ! Oh! non...
ETIENNE
Je vous en prie,
A Vivarais.
Ne me retenez pas. — Va donc à l'écurie
Des postes me chercher un cheval, le meilleur.
Et me l'amène vite.
VIVARAIS
Ah ! Monsieur !
LUC y.
Quel malheur !
N'y va pas, Vivarais.
e'tIENNE , se levant i demi.
Alors, j'irai moi-même,
VIVARAIS, le forçant à se rasseoir.
A part.
N'est-ce pas } sans manger! — Hum! commeil faut qu'on l'aimi
Haut.
Pour qu'on fasse toujours tout ce qu'il veut. — Au moins, Goûtez-moi de ceci...
ETIENNE
Ne prends pas tant de soins, Mon ami, mais...
VIVARAIS
A part.
Oui, oui, j'y cours. — Et pourtant dire Que c'est devant ce beau Monsieur qu'il se retire! Si ce n'est pas de quoi me le faire étrangler? Aussi mademoiselle aurait bien dû parler.
Regardant Lucy du coin de l'œil.
Et madame... rien, rien! — La petite est gentille. Mais, quoi ! c'est une enfant, non une jeune fille ; Il faudrait qu'elle sût ce qu'elle ne sait pas... Quinze ans ! qu'en espérer }
ETIENNE
Tu t'attardes là-bas, Vivarais, et tu crois me retenir sans doute. Cependant, dès ce soir, je veux coûte que coûte. Etre sur le chemin d'Italie.