‹ Comédies romanesquesChapitre 121 sur 130 · SCÈNE VII. aïs · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. aïs

Sur notre cœur navre d'avoir à mourir seul. Tu diras à quelque aucre eafanc mélancolique, Qu'il esc une grandeur austère et symbolique Dans la lampe qui brûle et s'éteint sans témoin, Dans la fleur qui languit faute dair ou de soin. Dans l'âme qui conçue la soif de l'impossible, Qui voulut l'étancher à la source invisible, Et retombe brisée au chemin trop foulé. Rayon, parfum, espoir à jamais envolé!

Et tu te souviendras, peut-être avec envie. De celui qui te parle, en songeant que sa vie. Enclose à l'avenir sous le gazon épais, Fut si courte et qu'enfin il a trouvé la paix!

L U C Y, avec explosion.

Oh! tu veu.x donc mourir, Etienne?

ETIENNE

Je te jure Que je ne ferai rien dans la guerre future Qui ne soit pas d'un homme épris de son honneur; Je ne me tuerai point. Mais le même bonheur Ne nous suit pas toujours sur le champ de bataille. Cent fois j'ai pu passer à travers la mitraille. Voir les balles autour de moi déchirer l'air. Et demain, sans braver le péril plus qu'hier, Je puis être de ceux qui paîront la victoire.

LUC y.

Tu fus déjà blessé deux fois.^

ÉTIENN E , souriant.

Quelle mémoire !

Avec accablement.

— Jadis dans la ferveur de mes espoirs trahis, Jeune, heureux, je n'aurais pensé qu'à mon pays, Et j'aurais succombé, criant : Vive la France! Aujourd'hui je dirais, je crois : O délivrance! Tant je suis triste au fond et me sens abattu.

LUC Y, se tordant les mains avec angoisse.

Mon Dieu! mon Dieu ! que faire ou que dire }

ETIENNE

Qu'as-tu } Ce n'est pas de ta faute, enfant ; ta folle tête N'a pas de place encor pour ce qui m'inquiète ; Tu ne connais l'ennui, le doute ni l'effroi. Ce n'est pas toi qui m'as rien fait.

LUC Y, liocliant la tête avec résolution.

Ecoutez-moi, Cousin; je sais fort bien tout ce que j'en devine. Les projets de ma sœur, comme votre ruine, C'est moi qui vous les dis : là-dessus vous partez. Je ne suis pas enfant autant que vous comptez, Si je le suis peut-être encor trop pour vous tendre La main, et pour vous dire : « Eh bien ! venez la prendre ; Tout ce qui m'appartient est à vous ! »

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