‹ Comédies romanesquesChapitre 15 sur 130 · ACTE 1, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE VI

SIDIAS.

Mais voilà qu'aussitôt toute leur violence Se tourna contre moi. Je m'entendis huer, Menacer, et, tremblant qu'on me voulût tuer, Je m'enfuis. On courut après moi. Hors d'haleine. J'allais renversant tout, car la rue était pleine, On criait : Huguenot, huguenot, courez sus! Puis un de ces démons m'a mis la main dessus ; Puis...

LE JUGh.

Voyez cependant quelle est votre sottise ! Votre vie en danger, ma fille compromise. Mon nom même invoqué sans aucune raison Afm de retirer dans ma propre maison Ces deux fous inconnus, ces têtes sans cervelle, Qui n'ont d'opinion qu'autant qu'elle est nouvelle. Et que l'amour du bruit et d'un vain mouvement Feraient dés aujourd'hui changer de sentiment. S'ils ne voyaient contre eux tous les gens raisonnables.' — J'espère que, jugeant ces choses condamnables, Vous y renoncerez et saurez désormais Vaincre l'entraînement...

N'ayez crainte! Jamais Je ne me serais cru si fervent catholique, ht maintenant...

THEOPHILE

LE JUGE

Fort bien! Ce tracas diabolique Finit mieux et plus tôt que je n'aurais pensé. Grâces à Dieu, le bruit au dehors a cessé.

Il s'assied dans un fauteuil.

Respirons! — A propos, les auteurs du tapage, Que sont-ils devenus?

C LORIS, bas, poussant Hélène.

C'est le moment. Courage!

HELENE, bas, résistant.

Je n'ose !

c LORIS, même jeu.

Il faut oser.

HE LE NE, même jeu.

J'ai trop peur,

c LORIS, même jeu.

Parlez-lui.

HELENE, f^iisant deux pas et revenant.

Je meurs !

CL CRI s, même jeu.

Vous ne pouvez pourtant tout aujourd'hui Les laisser là.

HÉLÈNE

Sans doute.

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