‹ Comédies romanesquesChapitre 20 sur 130 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

LE JUGE, fronçant le sourcil.

C'esc-à-dire.^

THÉOPHILE

En pocce.

LE JUGE, sévèrement.

Plutôt en libertin à rhumeur inquiète, Qui ne prend que le mal en toute chose.

Eh! Dieu!

Vous m'accusez à tort, je le suis jusqu'au feu,

LE JUGE

Vous vous moquez, je crois. — Votre nom.^

THEOPHILE

Théophile De Viau. Je suis connu par la cour et la ville Comme un faise.ir de vers d'un commerce assez doux.

LE JUGE

Vous venez?

THÉOPHILE

De Paris.

LE JUGE

iMais où donc allez-vous De ce pas .-

THEOPHILE

THÉOPHI-LE.

En exil.

LE JUGE, stupéfait à CUtiphoii.

Ec vous?

CLITIPHON

A la Rochelle.

LE JUGE, avec désespoir.

Ah ! merci de ma vie! un proscrit, un rebelle ! Sous mon toit... Sans retour me voilà compromis!

A Théophile.

Mais quel crime d'Etat avez-vous donc commis, Pour que notre grand roi Louis le juste...

THÉOPHILE

Dites

Pour que le Cardinal et ses frères Jésuites

Aient daigné prendre garde à moi? — La chose vaut

En effet que partout on la conte tout haut :

Comme Rabelais donc de joyeuse mémoire,

J'ai cette infirmité de ne pouvoir point croire

A tout ce qu'on me dit; mais consciencieux,

Je ne veux rien, sinon que l'on m'ouvre les yeux.

J'entendis qu'on causait au faubourg d'un miracle,

D'une fille soumise au démon, d'un spectacle

Qu'il fallait aller voir, car le diable y parlait

En latin, et de plus un bon prêtre fort laid

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