ACTE I, SCENE VIII. 4J
CLITIPHON, joyeusement.
Ainsi soit-il.
THEOPHILE
A vous la manche Aujourd'hui, mais demain...
CLITIPHON'
J'en prendrai mon parti.
THEOPHILE
Une duègne !... Parbleu, me voilà bien loti! L'avez-vous seulement regardée?
CLITIPHON, riant.
Elle est fraîche, Et m'a semblé fort bien.
the'ophile.
Comme une pomme sèche, Enfin!
HELENE, revenant avec Cloris.
Vous plairait-il faire collation, Messieurs?
CLITIPHON, à mi-voix tendrement.
Quelques moments de conversation, Madame, quelques mots de cette voix céleste, Qui nous sajiva deux fois d'un dani^cr manifeste.
THEOPHILE
Rendraient plutôt la vie à mon cœur amoureux Que le vin le plus franc et le plus généreux.
THEOPHILE, à Cloris d'un air galant.
J'ignore si bientôt nous quitterons la place, Malgré le double attrait qui tous deux nous enlace. Ah! laissez-nous au moins savourer à lon^s traits. Ce philtre déjà plein d'espoirs et de regrets.
CLORIS, s'avan;ant à gauche, minaudant sous son voile. A part.
Monsieur, je ne sais point... M'aurait-il reconnue.^
HELENE, s'avanfant à droite.
A part.
Je n'ose plus parler tant je me sens émue.
CLITIPHON, suivant Hélène.
Dans une heure peut-être il faudra vous quitter. Vous perdre pour toujours, hélas! et n'emporter Qu'un souvenir trop doux, une image trop vive De la joie entrevue et sitôt fugitive ! Voulez-vous me ravir l'instant qui m'est donné. Et refuser d'entendre un pauvre condamné?
HELENE, se retirant d^ plus en plus à droite. A part.
Monsieur, en vérité... Je ne sais que répondre.