‹ Comédies romanesquesChapitre 52 sur 130 · ACTE II, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XI

Ils s'en vont cpcler moc à mot, page à page,

Le poëme toujours nouveau que, d'âge en âge,

Chaque homme recommence et répète à son tour ;

Dans la naïveté de leur charmant amour,

Ils tiendront ces discours, aussi vieux que le monde,

Qu'Adam tint le premier à sa compagne blonde.

Ces discours que partout, de tout temps on a dits.

Et qui sont proprement les mots du Paradis.

Ils vont renouveler cette éternelle histoire :

Ils vont s'aimer, tout bas se le dire... et le croire !

Eh bien! après?

Et pour jamais.

C'est un rêve.

CLORIS, sccliem;nt.

THEOPHILE

A deux, ils ne feront plus qu'un,

CLORIS, de même.

Ceci n'a pas le sens commun;

TMHOPHILE.

Sans doute ! et pourtant c'est la vie ; Du moins c'est ce qu'elle a de mieux.

CLORIS, de même.

J'en suis ravie.

THÉOPHILE, avec malice.

Demande-le plutôt à ton futur époux.

86 THEOPHILE

CLORIS, avec impatience.

Ah ! ne m'en parle pas.

THEOPHILE, h part.

Tiens, l'heure des dégoûts

Haut et appuyant sur les mots.

Qui sonne; poussons ferme. — Il jurera son âme Qu'il ne vivra qu'alors qu'il t'aura pour sa femme! Quand il pourra ne plus te quitter d'un moment, Quand tu lui promettras de l'aimer constamment, Quand vous partagerez les soucis et les peines, Quand vous serez liés d'indissolubles chaînes...

CLORIS

Tais-toi donc !

THEOPHILE, avec candeur.

Eh ! pourquoi } l'avenir est si doux ! Avez-vous eu querelle ensemble.^ est-il jaloux? Tu n'as pas l'air content?

CLORIS

Non. — Parlons d'autre chose,

Veux-tu }

THEOPHILE

Pauvre petite ! Hélas ! tout n'est pas rose Dans ce métier. — Et quand je pense aux jours passés, A tant de gais propos au hasard dispersés, A tant de fins soupers, à tant d'heures charmantes,

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