‹ Comédies romanesquesChapitre 55 sur 130 · ACTE II, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XI

Tous ne sonc pas aussi sauvages que ton Juge, On saie mon nom, ec quand je le dis, j'ai refuge Ou chez Gautier-Garguille ou chez Montmorency. Mais toi, tu ne sais pas comme on s'amuse ainsi ; Car tandis que je cours le pays, fier, allègre, Soupant joyeusement tous les soirs, tu fais maigre; Tu trembles sous les yeux d'un maître, et tu te meurs, Que dis-je ! et tu vieillis d'ennui ! — Pour les rimeurs, Vois-tu bien, la fortune a mille complaisances : A nous tous les plaisirs, toutes les jouissances ! Nous sommes favoris des hommes et des dieux, Et bienvenus partout, sommes rois en tous lieux. — D'ici, je vais à Londre où Bouquinquant* m'appelle. J'irais, si je voulais, à Venise. — Ma belle Peut choisir, j'obéis.

CL CRI s, rêveuse, comme se parlant à ell«-même.

C'est comme huguenot, Au fait, qu'on le recherche et le condamne. — Un mot Changerait tout, peut-être une simple promesse...

Avec intention en regardant Théophile.

Le feu roi disait bien : Paris vaut une messe! Si je savais... mais, non...

THt'OPHILE, cherchant à l'cniramer.

Cloris...

I. On écrivait et prononçait alors ainsi le nom du Hue de Cutkinsham.

94 THEOPHILE

CL ORI S, avec une feinte résistance.

Que me veux-tu .> Je ne te comprends pas.

THEOPHILE

Comment, je suis battu, Désespéré ; depuis une heure je t'implore, Et tu n'as pas compris que c'est que je t'adore r^

On entend le piétinement des chevaux au dehors.

11 la prend par la taille et lui parle à l'oreille. A part.

Ah! voici les chevaux. — Cloris, la liberté, L'ivresse, le plaisir, l'amour, la volupté. Tout ce que tu vas perdre et ce que tu regrettes. T'attend là-bas. — Voyons, au diable ces cornettes, Et partons !

Il lui enlève son voile et ses coiffes. CLORIS^ s'efforçant de les lui reprendre,

Théophile !

THÉOPHILE les jette dans un coin et l'embrasse.

Allons vite, et tais-toi.

1. La nuit est tout a fait venue et la scène est complètement obscure.

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