SCENE II
SCLNR II.
LE \ECTEin{, OTTILIE, F1{eÂU^Z, C0TTL0T5.
Entrent Franz et Gottlob pendnnt les derniers mots de la scène première.
FRANZ
Recccur Bcrtholdus, salut !
GOTTLOB
Bonjour, cher maître.
Eh bien, que pensez-vous de l'enfant qui veut mettre Le démon à la porte au profit de l'amour, Et comme un écolier qui ferait un bon tour. Lui reprenant des mains son rôle dans le drame. Ou le change ou s'en passe?
FRAKZ, d'un ton méprisant.
Oh! jugement de femme !
OTTILIE
Fort bien dit.
FRAN'Z
L'art immense est plus large et plus haut. De vains esprits ont pu prendre pour un défaut Cette conception géniale et profonde
io8 LE RECTEUR BERTHOLDUS.
Par OÙ Gœthe embrassait la synthèse du monde.
La monade prévaut et l'idée a vaincu.
Qu'importent au poëte, en son cœur convaincu
Qu'il IL, fier créateur, fait œuvre originale,
Les critiques sans foi de la foule banale?
Le temps n'est rien, les sots ne sont rien, l'art seul vit.
GOTTLOB
Moi, la naïveté de l'enfant me ravit, Et comme je préfère aux murs noirs des écoles Ceux de la brasserie, et le geste aux paroles, Ainsi j'aime bien mieux l'amour que le malin, Et la blonde Ottilie aux grands yeux gris de lin, Que Franz, mon camarade, aux rares théories.
OTTILIE
Mais, vieil ami Gottlob, que font vos railleries Au chevalier de l'art synthétique, à celui Qui, né d'hier à peine, a cent ans aujourd'hui, Si toutefois cent ans, c'est dire assez .^
Méchante !
Que diras-tu de moi quand j'en aurai cinquante.^
OTTILIE
Oh ! vous, c'est différent.
Et, je te prie, en quoi?