SCENE II
OTTILIt.
D'abord ce .sera vous.
Lt RECTtUR.
Et puis?
OTTILIE
Ce sera moi.
Belle et bonne raison !
GOTTLOB
La meilleure, cher maître.
FRANZ
Le subjectif est tout, le moi c'est le seul être. Il n'est pas, en dehors de l'âme, d'action, Car tout est symbolisme et tout abstraction. L'éternelle Psyché par Goethe ici décrite, Qu'il lui donne les traits d'Hélène ou Marguerite, Dans sa candeur première ou sa toute-beauté. Exprime la tendance à l'idéalité.
Faible au commencement, ignorante, alarmée, Qu'à travers les combats dont sa route est semée, De sa longue odyssée elle atteigne le bue. Elle dominera qui l'outrage au début.
Grctchen, Faust, Méphisto, terrible trilogie. Dont les siècles n'ont pu rompre l'analogie
iio LE RECTEUR BERTHOLDUS.
Avec le premier drame ec l'immorcel roman Qu'onc joué dans l'Eden Eve, Adam ce Satan.
OTTILI£.
Mais dans l'Eden aussi l'amour manque.
GOTTLOB
Hérétique !
L'Eden même soumis aux lois de l'esthétique, C'est aller loin...
OTTILIE
Pourtant, le seul vrai paradis, Fût-ce dans un palais, fut-ce dans un taudis, N'est-ce pas de s'aimer d'un cœur pur et fidèle.^ Eve ennuyée, Adam qui s'endormait près d'elle, Ne me paraissent point être très-bons époux, Ec le grand séducteur, de la femme jaloux. Avec cette âme vide avait la tâche aisée. Celle qui sait aimer est moins vite abusée. Car, près ou loin, celui qu'elle aime est son soutien. Quant à moi, j'en serais invulnérable, et rien N'aurait certes pouvoir sur cette sauvegarde.
LK RECTEUR
Qu'elle est folle ! — Vois-tu, Goctlob, quand je regarde Cette jeunesse assise aux pieds de mon fauteuil, Qui rit et chante ainsi que l'oiseau sur le seuil, Qui croit en l'avenir et laisse passer l'heure. Sachant c]u'clle esc printemps et joie en ma demeure ;