SCENE V
LE \ECTEU\.
Oui, va ; Laisse-le s'efforcer de croire qu'il rêva, Ce fou, plus fou que toi, que ta parole écrase ! Qu'avide, il presse encor les bords amers du vase D'où maintenant tout son bonheur s'est répandu; Qu'il revienne plaintif sur ce qu'il a perdu, Et demande au passé le calme et l'espérance; Qu'il pleure^ û solitude, et meure de souffrance, Ou tremblant plus encore aux chances d'en guérir, Qu'il se cache, honteux, pour pleurer et mourir!...
— Amour ! il est donc vrai qu'il n'est pas de défense Qui garde contre toi la vieillesse et l'enfance.
Et que le front pâli par la veille ou les ans
N'est pas mieux garanti de tes affronts cuisants
Que la têce innocente où l'aube se repose !
Pour chacun, tour à tour, c'est donc la même chose,
Le même poison lent causant le même mal ?
Tout est à toi, tout cède à ton charme Ruai!
— Ah ! j'aurais dû prévoir que c'était impossible De résister toujours à sa grâce invincible.
Et qu'elle était trop belle et moi trop imprudent Pour ne pas me laisser prendre en la regardant.
— Ainsi l'on se croit sage ! On se séduic soi-même,