SCENE. I. i$J
FLORENCE
Pour longtemps, mais, mon Dieu, Où vas-tu donc?
HARRY, avec exaltation.
Je vais où le bonheur qu'exile Notre vieille Angleterre a toujours droit d'asile, Et brave, triomphant, qui vient le menacer ; Où le baron Harry de Percy, sans baisser Ni la voix ni les yeux, pourra dire qu'il aime, Et rendre à sa Florence un plus fier diadème Que celui de pairesse et duchesse à la cour; Car c'est la passion qui le donne à l'amour.
FLORENCE
Oh ! que dis-tu }
Qu'il est, dans la plus noire allée De cette forêt sombre, une chaise attelée, La mienne, et qu'elle peut gagner avant demain Le port, première et sûre étape du chemin Qui nous mène en Espagne ou bien en Italie.
FLORENCE
Harry, je ne puis pas, oh ! non, non, c'est folie ! Tu te perds avec moi...
HARRY
Me perdre en te sauvant.
Mon ange... Ah ! qu'est ce bruic.^
On entend le son d'un cor dans le lointain. FLORENCE, avec terreur.
Le cor d'un arrivant A la porte du parc, c'est lui, le duc !
J-JARRY, lui saisissant le bras.
Florence, C'est assez de tourment, c'est assez de souffrance. Partons !
FLORENCE, faiblement.
Non, laisse-moi !
Te laisser à l'époux Qui te cherche! — Est-ce donc à moi d'être jaloux?^ Je ne te comprends plus.
FLORENCE
Qu'a-t-il qui le ramène.
Que veut-il? Je ne sais. — Mais il n'est force humaine Qui me fasse, Harry, manquer à ma douleur.
HARRY^ sombre.
Oh ! sans doute^ il me chasse, et moi, comme un voleur
Je vais fuir devant lui, m'évader en cachette
Et laisser le milan maître de l'alouette
Pour qu'il l'égorgé en paix s'il le veut. — C'est la loi,