SCENE II. iCj
Quand sur ta paupière mi-close, O Florence, crcmble ei se pose Un chasce rayon accicdi;
Quand aussi triste qu Ophclie Ou Dcsdémone aux pleurs divins, Tu veux, sur ta lèvre pâlie, Effacer la mélancolie Que jamais, hclas ! tu ne vaincs ;
Quand l'efforçant de me sourire, Tu m'offres ton baiser si doux, Ange, oserai-je te le dire?
Souvent, alors je me retire.
J'hésite à tomber à genoux.
Car je sens, ô fleur embaumée, Que je cède au philtre fatal, Et que mon âme trop aimée.
Comme l'abeille ici pâmée.
Succombe au bonheur idéal !
Un domestique cutniiit et présentant à Harry une carte roulée dans un anneau d'or.
Signor, un étranger m'a remis cette carte Roulée ainsi...
H AK.KY, lui prenant vivement la carte des mains
et lui faisant signe de se taire.
A p.irt. Haut,
Le duc... Ah! — J'y vais.
FLORENCE
Non, qu'il parce !
Cet homme m'a fait peur, Harry, ne le vois pas, D'ailleurs que te veut-il?
HARRY, au domestique.
Quil m'attende, là-bas.
Je descends.
Le domestique sort.
FLORENCE, se levant.
Je te suis.
HARRY
Non, Florence, demeure.
Je sais de quelle affaire il s'agit. Tout à l'heure Je reviendrai.
FLORENCE, avec inquiétude.
Ta voix a changé, ton regard N'est plus le même. — Oh! dis, qu'est-ce.^ — de quelle part "Vient cet homme?
HARRY
Mon ange...
FLORENCE, avec angoisse.
Il faut que je le sache.
Vois-tu bien, il le faut. Je tremble à ce qu'on cache. Et le malheur est là qui nous devait frapper.
Avec emportement.
— Tu ne m'aimes donc plus que tu veux me tromper?