SCENE I
AUGUSTl, .'e mCme.
Bon ! cela m'est égal, Je n'y tiens pas... Mais comme à présent, tout le monde
A Blandine.
S'en mêle, j"ai pensé... — Vous riez, belle blonde?
BLANDINE, riant.
C'est que vous avez dit cela si drôlement!...
Elle prend son bras et tous deux retournent au piuno en riant et se parlant bas.
VIVARAIS, .i m.idame DerviUiers.
Autrefois son nom seul valait un régiment, N'est-il pas vrai. Madame î*
Lucy.
Il est donc gentilhomme }
MADAME DERVILLIERS.
Non, il est de sang noble, et voilà tout. En somme. Ses vrais titres d'honneur sont vivants en ses mains. Et non pas lettre-morte en de vieux parchemins. Vivarais exagère...
AUGUSTE, se retournant.
Et liotre sœur novice Gobe tout, car ce sont des contes de nourrice Qu'il lui faut.^
LUCY, en colère.
Vous mentez ! et vous le savez bien.
ijd LE RETOUR.
LUCY
Mais^ maman, n'esc-il pas vrai qu'Etienne...
MADAME DERVILLIERS.
Est parti des premiers? — Oui, Lucy, dans le temps
Où la France aux abois chercliait des combattants.
Déjà Brunswick marchait de Lorraine en Champagne,
Et commençait ainsi la terrible campagne
Que ces six ans d'efforts n'ont encor pu finir.
On disait : « A Paris, l'ennemi va venir ! »
Et la crainte en était partout si répandue.
Qu'on le croyait, avant la bataille perdue.
Beaucoup firent alors ce qu'a fait mon neveu,
Et partirent, contents de prendre au premier feu
Leur première leçon de guerre et de victoire.
Certes, je ne saurais t'en raconter l'histoire,
Tu la demanderas, si tu veux, à celui
Qui l'écrivit avec son épée. — Aujourd'hui,
Le soldat nous revient officier du génie,
Et c'est Carnot lui-même, au soir de Wattignie,
Qui le fit capitaine...
AUGUSTE, ctourJiment.
Il est donc général Maintenant?
AIADAME DERVILLIERS.
Non, pourquoi?