CARLOS ET ANITA
leura tranchantei. De longues caisses de bois d*Akap rouge et poli contenaient des camélias , des jasmins du Mexique et des cactus aui feuilles épaisses. Puis^ dans une belle volièi-e de citronnier entourée d'un léger réseau d'argent , voltigeaient des bengalis à la tête verte, aux ailes pourpres reflétées d'or, et dé jolies perruches de PoHo-^Rico , toutes bleues , avec une aigrette orange et un bec noir comme Fébène.
L*air était tiède et embaumé , le ciel pur, la mer magnifique; et, sans le léger fat^lancement que la houle imprimait au navire> on aurait pu se croire à ten*e.
Assis sur un riche divan, Carlos souriait à sH femme, qui tenait encore une guitare à la main.
c Brava ! brava ! mon Anita, — s'écria^t-^il , — ja* mais on n*a mieux chanté l'amour.
^^ C'est qu'on ne l'a jamais mieux éprouvé , mon ange.
•*^ Oui f et pour toujours ,» . . -^ dit Carlos.
— Pour la vie,i.. t dit Anita.
Et leurs bouches se rencontrèrent ^ et il la serra contre lui dans une étreinte conviilsive.
En tombant à leurs pieds , la guitare rendit un accord doux et harmonieux comme le dernier son d*ud4>rgue.
Carlos regardait sa femme de ce regard qui va au cffîor, qui fait frissonner d*amour, qui fait mal.
Et elle , fascinée par ce regard acre et brûlAnt , murmurait en fermant sêS yeux appesantis ! c GrAce ! . . . grâce!... mon Csrlrts î »