‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 114 sur 129 · plik et plok · texte numérisé non relu

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Puis, joignant ses mains, elle glissa doucement aux pieds de Carlos , et appuya sa tête sur ses genoux ; de sorte que sa pâle figure était comme voilée par ses longs cheveux noirs : seulement ses yeux brillaient à. travers, ainsi qu'une étoile au milieu d'un ciel sombre.

I Et tout cela est à moi , — pensait Carlos ; — à moi seul au monde, et pour toujours ! car nous vieiU lirons ensemble; les rides sillonneront aussi cette figure fraîche et veloutée ; ces anneaux d'ébène s'arrondiront en boucles argentines , — disait-il en passant sa main dans la chevelure soyeuse d'Anita , — et, vieille, vieille grand'mère , elle s'éteiudra par un beau soir d'automne, au milieu de ses petits-enfants, et ses derniers mots seront : — Je te rejoins , mon Carlos. — Oh ! oui, car je serai mort avant elle.... Mais d'ici là , que d'avenir ! que de beaux jours ! Jeunes et forts, riches, heureux d'une conscience pure et du souvenir de quelques bienfaits, nous aurons revu notre belle Andalousie, Cordoue et son Alhambra, sa mosaïque d'or, ses portiques découpés à jour, son architecture aérienne, notre belle villa avec ses bois d'orangers frais et parfumés, et ses liassins de marbre blanc où dort une eau limpide. ^

— Et mon père... et la maison où je suis née... et la jalousie verte que je soulevais si souvent quand tu passais, et la vieille église de San- Juan , où pour la première fois, pendant que j'étais à prier, ta bouche murmura à mon oreille : — Mon Anita, je t'aime !... — Et vois si la Vierge me protège ! au

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