‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 117 sur 129 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

OHGIB.

Hle choras ingena.

. . . Colit orgia.

i\VIBNUS.

« Du vin, sacrebleu! du vin. »

Les bouteilles se choquent, les flacons se brisent, les jurements et les chants éclatent de toutes paris.

218 PLIK ET PLOK.

C'est tautôt ]e bruit sourd que fait un pii-ate aviné en tombant sur le pont , tantôt la voix chevrotante de ceux qui tiennent encore leur verre à la main et de l'autre se cramponnent à la table.

s Du vin ici , mousse, du vin, ou je t'assomme. »

Et il y en a qui luttent entre eux pied contre pied, front contre front. Ils s*étrcignent, ils s'enlacent : Tun glisse, tombe; un os crie et se rompt, et les imprécations remplacent le rire.

Il y en a qui sont couchés saignants, le crâne ou* vert, au pied de gais compagnons qui détonnent une délirante chanson bachique.

Il y en a qui , dans le dernier degré de l'abrutissèment et de îivresse, s'amusent à écraser entre deux boulets la main d'un matelot ivre mort.

Et il y a une foule d'autres jeux encore.

Les gémissements , les cris de rage et de folle joie se confondent et s'accouplent.

Le pont est rougi de vin ou de sang. Qu'importe ! le temps fuit rapide à bord de l'Epervier : tout est folie, entraînement, délire. Allez , allez, jouissez de la vie , elle est courte. Les jours mauvais sont fréquents ; qui sait si aujourd'hui aura pour vous un len déniai D. Amusez-vous donc, parbleu ! saisissez le plaisir en tout et partout.

Xon ce plaisir frêle, décent, aux ailes d'or et d'azur, qui ressemble à une jeune fille douce et timide ; ce plaisir délicat , qui aime à secouer sa tête fraîche et blonde devant les mille glaces d'un boudoir, ou à effleurer du bout de ses lèvres roses une coupe rem-

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