HA COMEDIES SOCIALES
je pleure ? Je vous connais, je me connau, je connau Glerville, je connais, en un mot, assez les hommes ; et, au résumé, tout cela me semble fort plaisant, parce que je vois le vrai de chaque chose, et que je sais ce qui nous fait agir, vous, Glerville et moi.
MADAME GRASSET , atec dépit — Vraiment. . . vous savez tout cela?
LE MiMSTRE. — Parfaitement. Tenez , si j'ai un avantage, c'est de ne pas voir ma position de bas en haut, mais de haut en bas ; c'est un jeu du hasard, un quioe à la loterie des voix de la chambre, qui d'un pauvre et obscur avocat que j'étais, m'a fait ministre. Je n'en suis pas plus fier pour cela, et je n'en ferai pas moins bien mes affaires et celles des miens. . . au contraire.
MADAME GRASSET. — Voos en faites là une belle ! donner votre pupille à un homme taré !
LE MINISTRE. — Soit, il a été d'une immoralité flagrante si vous voulez ; mais , encore une fois , puisqu'il se range à cette heure , irai-je donc fermer le port au naufragé ?
MADAME GRASSET, avec impatience, — Il ne s'agit pas de port ni de naufragé : il s'agit d'un homme k qui vous voulez faire épouser votre fille naturelle, et vous sacrifiez tout à cela. Voilà qui est clair, je suppose.
LE MINISTRE. — Très-ckir, ma chère tante , clair comme l'évidence. Mais, puisque nous en venons aux clartés, écoutez-moi : jene suis plus au maillot; je sais le monde et je devine fort bien votre revirement subit
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contre Glerville. {Madame Grasset rougit) .Cette cause est sans doute des plus flatteuses pour ce monstre de Glerville, et fort excusable chez vous ; mais, croyezmoi f que tout cela se passe entre nous et n en sorte pas; car, voyez-vous, ma tante, comme disait le grand homme : « Lavons notre linge sale en famille, i et, croyez-moi, dans les affaires publiques on en salit diablement, et les lessives sont fréquentes ; or vos instances pour m'amener à changer de détermination seront vaines; vos récriminations, si elles étaient connues, vous couvriraient de ridicule sans desservir pour cela Clerville. Ainsi donc, croyez un ami; prenez bien les choses; acceptez ce à quoi vous ne pouvez rien changer; en un mot, ma volonté absolue est que Glerville épouse ma pupille et soit conseiller; et ces deux choses seront d'autant plus selon ma volonté que voici le contrat, l'ordonnance, et que je n'attends plus que Clerville pour signer.
UADAME GBASSET. — C'cst uno horrcur, une infamie !
uv HiissiER. — M. de Clerville demande s'il peut être introduit auprès de M. le ministre.
LK MINISTRE. — Tout à l'heure. (L'huissier sort.)
MADAME GRASSET , Se Icvatlt. MoU UevCU , VOU.S
êtes un ingrat ; vous allez vous perdre. Je ne vous «reverrai de ma vie !
LE MINISTRE , d'uîi air affectueux. — Cependant, à bientôt, ma chère tante : je compte sur vous pour wrvir de mère à Félicité.
Madame (îrassel «inrt.